Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi que l’Iran restait ouvert au dialogue avec les États-Unis, tout en accusant Israël d’avoir tenté de saboter les négociations diplomatiques par une tentative d’assassinat le visant personnellement. Ces déclarations marquent un tournant dans le ton adopté par la République islamique depuis l’élection de Pezeshkian, modéré élu en mai dernier, mais illustrent aussi la complexité des rapports entre Téhéran, Washington et Tel-Aviv.
S’exprimant lors d’un déplacement dans la ville d’Ilam, dans l’ouest de l’Iran, Pezeshkian a affirmé que son gouvernement était « prêt à discuter avec les États-Unis sur la base du respect mutuel », tout en soulignant que « la confiance reste le principal obstacle ». Selon lui, des tentatives de dialogue ont été entamées en coulisses, mais auraient été systématiquement contrecarrées par des interventions israéliennes qu’il juge déstabilisatrices et agressives.
Le président iranien a notamment accusé Israël d’avoir tenté de l’assassiner, sans fournir de preuves immédiates ni entrer dans les détails de l’opération. Il a affirmé que cette tentative visait à « torpiller toute perspective de normalisation » entre Téhéran et Washington, dans un contexte où les tensions restent vives sur les questions nucléaires, régionales et militaires. Israël n’a pas officiellement réagi à ces accusations.
Ces propos interviennent quelques jours après des frappes américaines sur des installations iraniennes en Syrie et en Irak, que l’ancien président Donald Trump a saluées comme un « formidable succès » dans un discours récent. L’actuel climat diplomatique reste marqué par une hostilité ouverte entre les deux pays, malgré des signaux timides de détente depuis le début de l’année.
Massoud Pezeshkian, premier président réformateur élu depuis des années, tente de se positionner comme un interlocuteur crédible sur la scène internationale, tout en naviguant dans un paysage politique iranien dominé par les conservateurs et les Gardiens de la révolution. Sa marge de manœuvre est étroite, mais il espère relancer les discussions sur le nucléaire et alléger les sanctions économiques qui étranglent l’économie iranienne.
Les États-Unis, de leur côté, n’ont pas officiellement répondu à l’appel au dialogue de Pezeshkian. Washington exige depuis des années des garanties sur le programme nucléaire iranien, l’arrêt du soutien aux groupes armés dans la région, et des avancées sur les droits humains en Iran. Le climat reste donc extrêmement fragile, bien que les analystes voient dans les déclarations du président iranien un possible prélude à un réchauffement diplomatique sous conditions.