Le nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung promet de relancer le dialogue avec le Nord et de renforcer l’alliance avec les États-Unis et le Japon
Le nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung promet de relancer le dialogue avec le Nord et de renforcer l’alliance avec les États-Unis et le Japon

Séoul a un nouveau visage à sa tête. Le président sud-coréen Lee Jae-myung a officiellement pris ses fonctions mercredi, en promettant de rouvrir les canaux de communication avec la Corée du Nord tout en consolidant les relations stratégiques avec les États-Unis et le Japon. Lors de son discours d’investiture au Parlement national, Lee a détaillé ses priorités pour les cinq années à venir, mêlant ambitions diplomatiques, relance économique et volonté d’unité nationale.

Figure montante de la gauche sud-coréenne, Lee a accédé au pouvoir à la suite d’une élection anticipée provoquée par la destitution de l’ancien président Yoon Suk Yeol, écarté en avril pour avoir tenté d’imposer la loi martiale. Issu d’un milieu modeste, Lee s’est bâti une réputation de combattant contre les inégalités sociales et la corruption, des thèmes qu’il a réaffirmés au cœur de son programme.

Sur le plan sécuritaire, Lee a promis une dissuasion « forte » contre les menaces nucléaires de Pyongyang, s’appuyant sur l’alliance militaire entre Séoul et Washington. Mais il a également déclaré vouloir « ouvrir un canal de communication avec la Corée du Nord » afin de favoriser une paix durable par le dialogue. Il a insisté sur la nécessité d’une diplomatie « pragmatique » guidée par les intérêts nationaux, et d’une coopération trilatérale renforcée avec les États-Unis et le Japon.

Les réactions de Washington et Tokyo ne se sont pas fait attendre. Le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba a exprimé son souhait de rencontrer rapidement Lee pour renforcer les liens bilatéraux, tandis que le département d’État américain a salué un « engagement indéfectible » dans l’alliance sud-coréano-américaine.

Les défis restent cependant nombreux. Outre les tensions persistantes avec la Corée du Nord — récemment alliée à la Russie sur le plan militaire — Lee devra composer avec les tarifs douaniers imposés par le président américain Donald Trump, qui ont freiné la croissance sud-coréenne. La banque centrale a abaissé sa prévision de croissance pour 2025 à 0,8 % et réduit ses taux d’intérêt pour contrer le ralentissement économique.

Sur le plan intérieur, Lee a promis de lutter de front contre le risque de récession, annonçant la création immédiate d’une cellule de crise économique. Il a également appelé à surmonter les divisions politiques creusées par l’affaire Yoon, tout en promettant une enquête approfondie sur la tentative de loi martiale qu’il a qualifiée de « rébellion ».

Le nouveau président fait lui-même l’objet de plusieurs poursuites judiciaires pour corruption, mais la Constitution sud-coréenne lui garantit une immunité pendant son mandat. Il a profité de son discours pour réaffirmer son engagement à réduire les inégalités sociales et régionales, estimant que la polarisation actuelle « freine désormais la croissance du pays ».

L’investiture de Lee Jae-myung, sans période de transition, marque le début d’un mandat placé sous le signe des équilibres délicats : entre dialogue et fermeté face au Nord, entre justice et unité nationale, entre relance économique et pression internationale.

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