Le nouveau pape américain épingle Trump et JD Vance sur les réseaux sociaux
Le nouveau pape américain épingle Trump et JD Vance sur les réseaux sociaux

Élu jeudi à la tête de l’Église catholique, le pape Léon XIV, premier pontife originaire des États-Unis, entame son mandat dans un climat politique déjà tendu. Né à Chicago, l’ancien cardinal Robert Prevost n’est pas étranger aux prises de position publiques, en particulier sur les réseaux sociaux, où il a partagé à plusieurs reprises des critiques des politiques migratoires de l’administration Trump ainsi que des propos du vice-président JD Vance.

Peu après son élection, le président Donald Trump a félicité le nouveau pape, saluant une « grande fierté pour notre pays ». Cette déclaration intervient toutefois dans un contexte délicat : quelques jours auparavant, Trump avait publié une image générée par intelligence artificielle le représentant en habits pontificaux, en pleine période de deuil officiel à la suite du décès du pape François. Ce geste a suscité l’indignation au Vatican et a été dénoncé par l’ancien Premier ministre italien Romano Prodi comme une ingérence politique indécente dans les affaires religieuses.

La relation entre les autorités religieuses américaines et l’administration Trump s’est également tendue sur le terrain humanitaire. En avril, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis a mis fin à un partenariat de cinquante ans avec le gouvernement fédéral pour l’accueil des réfugiés et des enfants migrants, invoquant une décision « déchirante » après l’arrêt brutal des financements par l’exécutif.

Sur le réseau X (anciennement Twitter), la majorité des publications du pape Léon XIV portent sur des sujets religieux. Il y écrit rarement lui-même, mais a partagé à de nombreuses reprises des critiques d’initiatives visant à restreindre l’accueil des migrants aux États-Unis. Il est récemment sorti de deux années de silence numérique pour dénoncer publiquement les positions du vice-président JD Vance, converti au catholicisme, sur la hiérarchie de l’amour chrétien.

En février, il a relayé un article intitulé : « JD Vance se trompe : Jésus ne nous demande pas de classer notre amour pour les autres », en réponse à une interview de Vance sur Fox News où celui-ci affirmait qu’il fallait aimer d’abord sa famille, puis ses concitoyens, avant de se préoccuper du reste du monde. Face aux critiques, Vance avait défendu sa position en invoquant le concept théologique d’ordo amoris, ou « ordre de l’amour ».

La dernière publication de Léon XIV, avant son élection, remonte au 14 avril. Il y partageait un article dénonçant l’attitude de l’administration Trump à l’égard de Kilmar Abrego Garcia, un homme déporté par erreur au Salvador, malgré une décision de la Cour suprême ordonnant son retour aux États-Unis. Le message du pape relayait l’interrogation d’un évêque salvadorien : « Ne voyez-vous pas la souffrance ? Votre conscience n’est-elle pas troublée ? Comment pouvez-vous rester silencieux ? »

Les prises de position du nouveau souverain pontife contre les politiques de Donald Trump remontent à près d’une décennie. En 2015, alors que la campagne de Trump prenait de l’ampleur, il avait déjà partagé un éditorial du cardinal Timothy Dolan critiquant la rhétorique anti-immigrés du futur président. Après l’élection de Trump en 2016, il avait diffusé un sermon de l’archevêque de Los Angeles, José Gomez, évoquant la peur d’enfants persuadés que leurs parents allaient être déportés.

Ces publications récurrentes esquissent le portrait d’un pape engagé sur les questions migratoires, déterminé à défendre les principes d’hospitalité et de justice sociale, même face aux plus hautes sphères du pouvoir américain.

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