Le Kremlin a laissé entendre mercredi que le projet de bouclier antimissile américain « Golden Dome », promu par le président Donald Trump, pourrait entraîner une reprise prochaine des discussions entre Moscou et Washington sur le contrôle des armements nucléaires, un sujet en grande partie gelé ces dernières années.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que bien que la conception et la mise en œuvre du « Dôme d’or » soient une décision souveraine des États-Unis, cette initiative soulève des enjeux suffisamment importants pour nécessiter un retour aux échanges bilatéraux sur la stabilité stratégique. « Le cours même des événements exige la reprise des contacts sur les questions de stabilité stratégique », a-t-il affirmé devant les journalistes à Moscou.
Inspiré du système israélien de défense aérienne « Dôme de fer », le projet Golden Dome vise à protéger les États-Unis d’éventuelles attaques de missiles balistiques provenant de puissances rivales telles que la Chine ou la Russie. Doté d’un budget prévisionnel de 175 milliards de dollars, le programme incarne l’ambition de Trump de construire un bouclier national contre toute menace aérienne ou nucléaire.
Peskov a reconnu que peu de détails techniques sont actuellement disponibles sur le projet, et a jugé prématuré de spéculer sur ses implications concrètes pour la parité stratégique. Toutefois, il a rappelé que les mécanismes existants de contrôle des armements entre les deux pays se sont effondrés, rendant nécessaire une nouvelle architecture de sécurité. « Cette base doit être recréée à la fois dans l’intérêt de nos deux pays et dans l’intérêt de la sécurité sur toute la planète », a-t-il insisté.
Depuis plusieurs années, la plupart des traités majeurs de désarmement conclus pendant la Guerre froide ont volé en éclats. Les États-Unis ont quitté le traité sur les missiles anti-balistiques (ABM) en 2002, et le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) a été abandonné en 2019, Washington accusant Moscou de violations. La Russie, de son côté, a toujours nié tout manquement et a reproché à Washington de vouloir saper l’équilibre nucléaire.
Alors que la rivalité géopolitique entre les deux pays s’est aggravée depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la déclaration de Peskov laisse entrevoir une brèche dans la rhétorique belliqueuse, en évoquant la possibilité de discussions autour d’un nouveau cadre juridique commun pour éviter une escalade. Aucun calendrier n’a cependant été avancé quant à une éventuelle reprise formelle des négociations.