Le Danemark rejette les pressions « inacceptables » de Trump sur le Groenland
Le Danemark rejette les pressions « inacceptables » de Trump sur le Groenland

Le Danemark ne cédera pas aux tentatives des États-Unis de prendre le contrôle du Groenland, a affirmé jeudi la Première ministre danoise Mette Frederiksen, dénonçant une pression « inacceptable » qui remet en cause la souveraineté de l’île arctique et le droit de ses habitants à l’autodétermination.

S’exprimant lors de la Fête nationale, Frederiksen a mis en garde contre l’attitude de Washington, qui a récemment intensifié ses déclarations et manœuvres à l’égard du Groenland, territoire stratégique et riche en ressources naturelles. « L’ordre mondial que nous avons construit au fil des générations est remis en question comme jamais auparavant », a-t-elle déclaré. « Ces derniers mois, le Groenland et le Danemark ont été soumis à des pressions inacceptables de la part de notre allié le plus proche », a-t-elle ajouté, en référence directe aux États-Unis.

Le président américain Donald Trump, réélu en 2024, a relancé un vieux projet abandonné : faire du Groenland un territoire sous contrôle américain, invoquant des raisons de sécurité nationale et de stratégie militaire. Il n’a pas exclu le recours à la force pour atteindre cet objectif. Cette posture a provoqué une onde de choc diplomatique, tant à Copenhague qu’à Nuuk, la capitale groenlandaise.

En mars, le vice-président JD Vance avait accentué la pression en visitant l’île et en accusant le Danemark, pourtant membre de l’OTAN, de ne pas assurer correctement la sécurité du territoire. Il avait même affirmé que les États-Unis seraient mieux placés pour le faire, déclenchant l’ire des responsables politiques danois et groenlandais.

L’émergence du parti groenlandais Demokraatit, récemment victorieux aux élections locales, a redonné au débat une intensité nouvelle. Favorable à une transition progressive vers l’indépendance, il s’oppose à une rupture brutale avec le royaume danois, mais ne ferme pas la porte à une souveraineté pleine à terme. Or, selon la constitution danoise, seul le peuple groenlandais est habilité à décider de son avenir.

« Les principes fondamentaux des relations transatlantiques, tels que la souveraineté nationale, le respect des frontières et le droit des peuples à l’autodétermination, sont désormais en jeu », a martelé Frederiksen. « Mais nous ne cédons pas. Nous, les Danois, ne sommes pas comme ça. »

En signe d’unité et de solidarité avec les Groenlandais, le roi Frederik X, très populaire sur l’île, s’est rendu à Nuuk fin avril. Cette visite hautement symbolique a été perçue comme une réponse diplomatique ferme face aux ambitions américaines.

Le Groenland, dont la capitale est plus proche de New York que de Copenhague, dispose d’importantes ressources en minéraux, pétrole et gaz. Toutefois, le développement économique y reste limité, et les investissements américains dans le secteur extractif n’ont jusqu’à présent été que marginaux.

Un accord datant de 1951 encadre la présence militaire américaine sur l’île, autorisant la construction de bases à condition que le Danemark et les autorités groenlandaises soient informés. Ce cadre pourrait aujourd’hui être mis à l’épreuve, alors que la tension monte entre alliés historiques.

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