Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont exprimé vendredi leur préoccupation croissante concernant l’escalade des tensions entre les États-Unis et le Venezuela, après une série de frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes.
Lors d’une réunion d’urgence tenue à New York, plusieurs pays ont appelé à la retenue et au dialogue, tandis que la Russie a affirmé que le Venezuela avait « toutes les raisons » de redouter une action militaire américaine. Moscou a accusé Washington d’« utiliser la lutte antidrogue comme prétexte pour justifier une ingérence politique ».
Les alliés des États-Unis, dont la France et le Royaume-Uni, ont pour leur part insisté sur la nécessité d’éviter toute confrontation directe et de favoriser les voies diplomatiques pour réduire les tensions régionales.
Ces échanges interviennent alors que le Pentagone a récemment renforcé ses opérations navales et aériennes dans la région, notamment en Amérique latine, dans le cadre d’une campagne élargie de lutte contre le narcotrafic. Le président vénézuélien Nicolás Maduro a dénoncé une « provocation impérialiste », accusant Washington de vouloir « préparer le terrain pour une intervention ».
L’ambassadeur américain auprès de l’ONU a rejeté ces accusations, affirmant que les frappes visaient exclusivement des « réseaux criminels transnationaux » responsables de la déstabilisation de la région.
Les discussions devraient se poursuivre la semaine prochaine, alors que plusieurs membres du Conseil, dont la Chine et le Brésil, appellent à la mise en place d’un mécanisme de médiation régionale pour apaiser les tensions entre Caracas et Washington.