Le Congrès américain somme la régulatrice australienne d’Internet de témoigner sur ses pratiques jugées menaçantes pour la liberté d’expression (AP)
Le Congrès américain somme la régulatrice australienne d’Internet de témoigner sur ses pratiques jugées menaçantes pour la liberté d’expression (AP)

Une commission du Congrès américain a demandé à la commissaire australienne à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, de venir témoigner au sujet des lois encadrant Internet en Australie, l’accusant d’être une « zélote notoire de la suppression mondiale de contenus » et de menacer la liberté d’expression des citoyens américains.

Dans une lettre datée du 18 novembre, Jim Jordan, président républicain de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, accuse Grant d’avoir collaboré avec des groupes favorables à la censure en participant à une conférence de l’université de Stanford aux côtés de responsables étrangers « ayant directement visé la liberté d’expression américaine et représentant une grave menace pour le Premier Amendement ».

Cette convocation intervient dans un contexte de tensions croissantes entre le régulateur australien et plusieurs grandes entreprises technologiques américaines, qui protestent contre de nouvelles règles, dont l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Cette mesure, qui doit entrer en vigueur le 10 décembre, sera appliquée par le bureau de Grant.

Elon Musk, propriétaire de X et proche conseiller du président américain Donald Trump, a qualifié publiquement Grant de « commissaire à la censure », estimant que ces mesures restreignent la liberté d’expression et constituent un outil de contrôle.

Dans sa lettre, Jordan affirme que Grant revendique une compétence extraterritoriale pour imposer des retraits de contenus en dehors de l’Australie, une démarche qui, selon lui, « menace directement la liberté d’expression américaine ». Il lui demande de répondre avant le 2 décembre afin d’organiser une audition.

L’équipe de la commissaire n’a pas immédiatement commenté ces accusations, mais un porte-parole cité par la chaîne ABC a assuré que le régulateur ne prenait aucune mesure visant à limiter l’accès à l’information des citoyens américains, tout en indiquant que la demande du Congrès était en cours d’examen.

Jim Jordan cite notamment une affaire de 2024, lorsque Grant avait demandé à X de retirer des images d’une attaque au couteau qualifiée de terroriste à Sydney. Le régulateur avait finalement abandonné les poursuites. Il reproche également à Grant ses liens avec Stanford, qu’elle a mandaté pour évaluer la faisabilité de l’interdiction des réseaux sociaux pour les mineurs.

Que retenir rapidement ?

Une commission du Congrès américain a demandé à la commissaire australienne à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, de venir témoigner au sujet des lois

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