Cheng Li-wun, récemment élue à la tête du Kuomintang (KMT), principal parti d’opposition taïwanais, a officiellement pris ses fonctions à Taipei en appelant à la prudence face à l’escalade des tensions entre Taïwan et la Chine. Dans son premier discours, elle a averti qu’une mauvaise gestion du dialogue avec Pékin pourrait conduire à un conflit aux conséquences dramatiques pour la région.
Le Kuomintang, historiquement favorable à des relations plus étroites avec la Chine, plaide pour un retour au dialogue et à la coopération économique, contrairement au gouvernement en place, jugé trop aligné sur Washington. Cheng a insisté sur la nécessité de “préserver la paix par la communication et non par la confrontation”, tout en affirmant que la souveraineté et la démocratie taïwanaises “ne sont pas négociables”.
Cette passation de pouvoir intervient dans un contexte particulièrement tendu. Pékin a intensifié ses exercices militaires autour de l’île, tandis que Taipei renforce ses alliances avec les États-Unis et le Japon. Cheng Li-wun espère repositionner le KMT comme une force modérée capable de réduire les risques d’affrontement sans céder aux pressions chinoises.
Son discours marque ainsi le début d’une nouvelle stratégie politique pour le parti, qui cherche à séduire un électorat partagé entre le besoin de sécurité et le désir d’éviter une guerre qui semble de plus en plus probable dans le détroit de Taïwan.