La Cour internationale de Justice (CIJ) rend mercredi un avis consultatif très attendu sur les obligations d’Israël en matière d’accès humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, alors que les accusations de blocage de l’aide se multiplient.
Cette procédure, initiée à la demande de l’Assemblée générale des Nations unies en décembre dernier, vise à déterminer si Israël viole ses devoirs internationaux en restreignant l’entrée de l’aide humanitaire destinée à la population palestinienne, notamment à Gaza. L’avis, bien que non contraignant, pourrait avoir un poids politique considérable et servir de référence juridique dans les débats internationaux sur la responsabilité d’Israël en tant que puissance occupante.
Les audiences publiques, tenues à La Haye, se déroulent dans un climat de vives tensions diplomatiques. Israël, qui a boycotté les sessions, a qualifié la procédure de la CIJ de « cirque politique », estimant que la Cour « excède son mandat » et que les Nations unies font preuve de partialité. Tel-Aviv nie entraver l’aide humanitaire, affirmant au contraire coopérer avec les agences internationales dans le cadre de contrôles de sécurité stricts.
Les juges de la CIJ, parmi lesquels le magistrat japonais Yuji Iwasawa, ont examiné les rapports des Nations unies et les témoignages d’organisations humanitaires faisant état de retards, de confiscations et de refus d’entrée répétés pour les convois d’aide destinés aux civils palestiniens. Plusieurs États, dont la France et l’Afrique du Sud, ont plaidé pour une interprétation rigoureuse du droit humanitaire international.
Ce nouvel avis intervient après un précédent rendu par la Cour, qui avait jugé illégale l’occupation israélienne des territoires palestiniens et appelé à sa fin « immédiate et inconditionnelle ». Bien que symboliques, ces décisions contribuent à accroître la pression internationale sur Israël, alors que la situation humanitaire à Gaza et en Cisjordanie reste critique.
Si la CIJ confirme les manquements allégués, l’avis pourrait renforcer les appels en faveur d’une surveillance internationale accrue et relancer le débat sur les sanctions ou les mécanismes de reddition de comptes au sein des institutions onusiennes.