SÉOUL — Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a supervisé un nouvel exercice de son armée de l’air, appelant toutes les unités militaires du pays à accélérer leur préparation à la guerre, a rapporté samedi l’agence de presse officielle KCNA. Cette démonstration de force s’inscrit dans une série d’activités militaires de plus en plus soutenues du régime nord-coréen.
Kim a personnellement inspecté, jeudi, les exercices de combat antiaérien et de frappe aérienne menés par la 1ère division aérienne. Selon KCNA, il a ordonné à « toutes les unités de l’ensemble de l’armée » de réaliser « une percée dans la préparation à la guerre », soulignant une nouvelle fois la priorité accordée aux capacités militaires dans sa stratégie nationale.
Ce nouvel exercice intervient alors que le dirigeant nord-coréen multiplie les apparitions sur des sites militaires. Rien qu’au mois de mai, il a supervisé un tir de missile, inspecté des usines de chars et de munitions, dirigé des manœuvres de blindés, assisté à une formation d’unités d’opérations spéciales, et effectué une visite symbolique à l’ambassade de Russie à Pyongyang, réaffirmant ainsi l’alliance stratégique avec Moscou.
Cette montée en puissance des démonstrations militaires intervient également dans un contexte de tensions accrues avec les États-Unis. Pyongyang a vivement critiqué Washington pour avoir maintenu la Corée du Nord sur sa liste des pays qui « ne coopèrent pas pleinement » avec les efforts américains de lutte contre le terrorisme. Une décision qualifiée par le ministère nord-coréen des Affaires étrangères de « provocation malveillante et inutile ».
« Plus les États-Unis provoquent la RPDC avec des actes malveillants inutiles et inefficaces, plus ils intensifieront l’hostilité irréconciliable entre la RPDC et les États-Unis », a déclaré un porte-parole du ministère, selon KCNA, en utilisant l’acronyme officiel du pays, la République populaire démocratique de Corée.
Pyongyang a également promis de « prendre des mesures efficaces et appropriées » pour contrer ce qu’il qualifie de « provocations hostiles » américaines dans tous les domaines. Ces déclarations s’ajoutent à une rhétorique militaire de plus en plus agressive, nourrie par des années de sanctions internationales, d’impasses diplomatiques, et de rapprochements stratégiques avec la Russie.
Cette escalade verbale et militaire souligne une fois de plus l’impasse dans laquelle se trouvent les relations entre Pyongyang et Washington, alors même que les négociations nucléaires sont au point mort depuis plus de quatre ans.