Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a violemment critiqué mardi les conditions posées par les États-Unis dans les négociations sur le nucléaire, estimant que les demandes de Washington étaient « excessives et scandaleuses ». Cette déclaration, relayée par les médias officiels iraniens, souligne la profonde impasse diplomatique dans laquelle se trouvent les discussions entre les deux pays.
« Je ne pense pas que les négociations nucléaires avec les États-Unis donneront des résultats. Je ne sais pas ce qui va se passer », a déclaré Khamenei lors d’un discours à Téhéran, mettant en doute la possibilité d’un accord à court terme. Il a appelé Washington à renoncer à ses exigences jugées irréalistes, notamment celle d’un arrêt complet de l’enrichissement d’uranium par l’Iran.
Les tensions autour de ce dossier se sont intensifiées alors qu’un cinquième cycle de négociations est envisagé ce week-end à Rome, selon des sources diplomatiques. Mais le terrain reste miné, en particulier en raison de l’opposition des États-Unis à toute activité d’enrichissement sur le sol iranien, que Washington considère comme une voie potentielle vers la fabrication d’armes nucléaires.
De son côté, Téhéran insiste sur le caractère strictement pacifique de son programme nucléaire, arguant qu’il vise uniquement à produire de l’énergie et à répondre à des besoins médicaux. Majid Takht-Ravanchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, a averti lundi que les pourparlers échoueraient si les États-Unis ne modéraient pas leurs exigences.
Un autre haut diplomate iranien, Kazem Gharibabadi, a confirmé mardi que Téhéran avait reçu une proposition américaine et qu’elle était en cours d’examen. Toutefois, l’annonce du président américain Donald Trump, qui a récemment exhorté l’Iran à « agir rapidement, sous peine de catastrophe », ne laisse guère espérer un apaisement des tensions. Trump a menacé à plusieurs reprises de bombarder l’Iran et de renforcer les sanctions économiques, si un accord ne pouvait être trouvé.
L’administration Trump avait déjà provoqué une crise majeure en 2018, en retirant les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, connu sous le nom de JCPOA. Cet accord limitait strictement les capacités d’enrichissement de l’Iran en échange d’un allègement des sanctions internationales. Washington avait ensuite rétabli de lourdes sanctions, poussant la République islamique à reprendre et intensifier ses activités nucléaires.
Alors que les efforts diplomatiques peinent à reprendre une trajectoire constructive, les tensions autour du programme nucléaire iranien restent au cœur des équilibres instables du Moyen-Orient, sur fond de menaces militaires, pressions économiques et rivalités géopolitiques croissantes.