Khamenei de plus en plus isolé : Israël décime le cercle rapproché du guide suprême iranien
Khamenei de plus en plus isolé : Israël décime le cercle rapproché du guide suprême iranien

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, fait face à l’une des périodes les plus critiques de son règne, après la perte brutale de plusieurs de ses plus proches conseillers militaires et sécuritaires, tués par des frappes israéliennes. À 86 ans, l’homme fort de la République islamique semble plus isolé que jamais, au moment où les tensions militaires avec Israël atteignent un point de non-retour.

Depuis vendredi, plusieurs figures de premier plan du corps des Gardiens de la révolution — la force militaire d’élite iranienne — ont été éliminées. Parmi elles : le commandant en chef Hossein Salami, le chef du programme balistique Amir Ali Hajizadeh, et le chef des services de renseignement Mohammad Kazemi. Ces hommes formaient le noyau dur de l’entourage de Khamenei, un cercle fermé d’une vingtaine de fidèles qui influencent les grandes décisions stratégiques de l’Iran. Leur disparition fragilise la capacité de l’État à prendre des décisions coordonnées, selon plusieurs sources proches du processus décisionnel à Téhéran.

Ce vide autour du guide suprême accroît considérablement le risque d’erreurs de calcul, notamment dans la gestion du conflit en cours avec Israël, mais aussi face aux tensions internes croissantes liées à la crise économique et sociale. D’autant que Khamenei, réputé pour sa prudence et sa détermination à préserver le régime islamique, contrôle directement les Gardiens de la révolution, qu’il a toujours privilégiés par rapport à l’armée régulière.

Face à cette hémorragie de cadres, une figure se distingue par son rôle croissant : Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême. Religieux discret mais influent, il aurait consolidé son pouvoir au fil des deux dernières décennies, tissant des liens étroits avec les services de sécurité et les Gardiens de la révolution. Certains observateurs le voient déjà comme un successeur possible à son père, bien que cette hypothèse reste officiellement taboue.

Dans l’ombre, d’autres conseillers demeurent actifs : Ali Asghar Hejazi, responsable des affaires sécuritaires au sein du bureau de Khamenei, l’ex-ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati ou encore l’ancien président du Parlement Ali Larijani. Mais ces hommes interviennent surtout dans les affaires diplomatiques ou intérieures, et ne compensent pas la perte stratégique des chefs militaires.

La République islamique paie aussi un lourd tribut dans son réseau régional. L’« Axe de la Résistance », alliance informelle pilotée par l’Iran, vacille : le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, proche de Khamenei, a été tué l’an dernier dans une frappe israélienne, tandis que Bachar al-Assad a été renversé en Syrie en décembre. Cette série de pertes affaiblit considérablement l’influence iranienne au Moyen-Orient.

Alors que la guerre ouverte avec Israël se poursuit, le régime iranien entre dans une zone de turbulences inédites. Et si l’ayatollah Khamenei reste officiellement aux commandes, les frappes israéliennes ont porté un coup dur à l’architecture de pouvoir qu’il avait patiemment construite depuis plus de trois décennies.

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