JD Vance, vice-président globe-trotteur : entre diplomatie, deals et escapades familiales
JD Vance, vice-président globe-trotteur : entre diplomatie, deals et escapades familiales

Depuis son entrée à la vice-présidence aux côtés de Donald Trump, JD Vance a multiplié les voyages internationaux, mêlant habilement relations diplomatiques, annonces économiques, gestes de « soft power » et moments partagés en famille. Une manière de s’imposer sur la scène mondiale tout en cultivant une image plus accessible auprès des Américains.

En quelques mois seulement, Vance s’est rendu en Europe, au Groenland, en Italie et en Inde. À Paris, il a défendu la suprématie américaine en matière d’intelligence artificielle lors d’un sommet international, avant de participer à une conférence sur la sécurité à Munich. Son ton tranchant et son relatif silence sur la guerre en Ukraine y ont surpris plus d’un diplomate. En mars, il s’est rendu au Groenland, où il a publiquement reproché au Danemark son manque d’investissement sécuritaire, dans la lignée de l’ambition de Trump de voir les États-Unis prendre le contrôle de l’île. En Inde, en avril, il a annoncé un cadre de négociation pour un futur accord commercial avec le Premier ministre Narendra Modi, et s’est entretenu en Italie avec la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni, ainsi qu’avec le pape François la veille de sa mort.

Ces déplacements, s’ils ont une portée politique claire, ne sont pas dénués de symboles. Le vice-président voyage souvent en famille, accompagné de son épouse Usha et de leurs trois jeunes enfants. On les a vus admirer Notre-Dame de Paris, poser devant le Taj Mahal en habits traditionnels ou encore visiter la chapelle Sixtine au Vatican. Des visites culturelles qui participent à une forme de diplomatie douce, destinée à renforcer les liens symboliques entre les États-Unis et leurs partenaires.

Mais tout ne s’est pas déroulé sans accroc. La présence de la famille Vance a parfois suscité des critiques. À Rome, la privatisation du Colisée pour une visite privée a laissé des touristes sur le carreau, et un groupe de consommateurs a porté plainte. En Inde, le Taj Mahal a été fermé au public pour leur venue. À l’inverse, à Paris, les Vance ont préféré visiter le Louvre un mardi, jour de fermeture, évitant ainsi toute perturbation. Leur voyage au Groenland a aussi été modifié face à la tension diplomatique croissante, Usha Vance renonçant à un déplacement en solo qui avait été mal perçu par les autorités danoises.

Pour les observateurs, ces voyages constituent un apprentissage accéléré des affaires étrangères pour le jeune vice-président, âgé de 40 ans et représentant de la génération millénaire. « C’est une manière pour lui de construire des compétences diplomatiques, essentielles pour un poste aussi stratégique », explique Joel Goldstein, professeur de droit et spécialiste de la vice-présidence. Et pour Jean Twenge, experte en psychologie générationnelle, la façon dont Vance passe de réunions officielles à des moments familiaux reflète une flexibilité propre à sa génération, rompue au multitâche.

Enfin, au-delà des objectifs diplomatiques, ces images de Vance en père de famille pourraient aussi servir à adoucir une image perçue comme clivante depuis son émergence politique. « Être vu avec ses enfants rend souvent les figures publiques plus humaines, plus difficiles à détester », analyse Christopher Devine, politologue. Un subtil mélange de stratégie, de symboles et de vie privée, qui pourrait redessiner le profil du vice-président aux yeux du monde.

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