Après avoir suscité l’inquiétude de ses alliés européens lors d’un discours controversé à Munich en février, le vice-président américain JD Vance a adopté mercredi un ton plus conciliant envers l’Europe. Lors d’un événement organisé à Washington par la Conférence de Munich sur la sécurité, il a souligné les liens profonds qui unissent les États-Unis et l’Union européenne, tout en réaffirmant son appel à une répartition plus équilibrée des responsabilités en matière de défense.
« Je pense toujours que les États-Unis et l’Europe sont dans la même équipe », a déclaré Vance, assurant que malgré les désaccords, les deux rives de l’Atlantique partagent une culture et des valeurs communes indissociables. Il a néanmoins maintenu que le système de sécurité actuel, hérité de l’après-guerre froide, devait être repensé pour répondre aux défis des décennies à venir.
Ce ton apaisé tranche avec les propos virulents qu’il avait tenus à Munich, où il avait accusé certains pays européens, notamment l’Allemagne, de restreindre la liberté d’expression et de mal gérer l’immigration. Des déclarations qui lui avaient valu une vive réaction du ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et nourri les tensions transatlantiques à l’approche du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Vance a reconnu mercredi que ses critiques s’adressaient autant à l’ancien gouvernement américain de Joe Biden qu’aux dirigeants européens. Il a même plaisanté en évoquant le doute qu’il avait eu de recevoir une nouvelle invitation à la conférence annuelle à Munich, ce à quoi l’organisateur Wolfgang Ischinger a répondu avec humour.
Interrogé sur la guerre en Ukraine, le vice-président a estimé que les exigences de Moscou pour un cessez-le-feu étaient actuellement « trop importantes », mais s’est montré prudemment optimiste sur une possible issue diplomatique. Il a insisté sur la nécessité de pourparlers directs entre la Russie et l’Ukraine, tout en rappelant que les États-Unis pourraient se retirer des négociations si aucun progrès significatif n’était réalisé.
Sur le plan économique, Vance a également appelé l’Union européenne à lever ses barrières commerciales, reprenant un argument central de Donald Trump pour justifier sa politique de tarifs douaniers réciproques. Il a par ailleurs exprimé une certaine satisfaction quant aux discussions en cours avec l’Iran sur le programme nucléaire, déclarant qu’un nouvel accord était envisageable, à condition qu’il empêche l’Iran d’accéder à l’arme atomique.
Plus mesuré qu’à l’accoutumée, JD Vance semble vouloir rassurer les partenaires européens sur l’engagement américain, tout en poursuivant les lignes directrices de l’administration Trump, qui combine pression stratégique et appels à une autonomie accrue de la défense européenne.