MADRID – Le président argentin Javier Milei a de nouveau provoqué un tollé diplomatique en insultant le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d’un discours prononcé dimanche soir au Forum économique de Madrid. Un an après une attaque similaire ayant conduit à une crise diplomatique entre l’Argentine et l’Espagne, Milei a cette fois appelé à « tabasser le bandit local », allusion à peine voilée à Sanchez, qu’il n’a pas nommé explicitement.
Le bureau de Pedro Sanchez s’est abstenu de tout commentaire, adoptant une posture de retenue face aux propos du président libertaire argentin, dont les provocations répétées commencent à susciter un certain agacement sur la scène diplomatique européenne. L’incident intervient dans un climat déjà tendu entre les deux pays, et confirme le style provocateur de Milei, connu pour ses envolées populistes et ses mises en scène politiques outrancières.
Élu en 2023 sur un programme ultralibéral et anti-étatiste, Javier Milei n’en est pas à son coup d’essai. En mai 2024, lors d’un précédent déplacement à Madrid, il avait traité Begona Gomez, l’épouse de Pedro Sanchez, de « corrompue », provoquant le rappel de l’ambassadeur d’Espagne à Buenos Aires. L’Argentine, de son côté, avait refusé de présenter des excuses et maintenu son ambassadeur à Madrid, tout en redoublant de critiques à l’encontre du gouvernement socialiste espagnol.
Milei avait ensuite publiquement traité Sanchez d’« arrogant », de « totalitaire » et de « lâche », multipliant les invectives dans les médias. Cette nouvelle sortie confirme la volonté du président argentin d’alimenter une confrontation politique qu’il présente comme idéologique, opposant son programme de dérégulation radicale aux politiques sociales-démocrates portées par Pedro Sanchez.
L’affaire survient alors que Begona Gomez est visée en Espagne par une enquête préliminaire pour corruption et trafic d’influence. Elle et son mari ont rejeté ces accusations, dénonçant une campagne de déstabilisation orchestrée par certains secteurs politiques. Aucune inculpation formelle n’a été prononcée à ce stade.
La virulence de Milei continue de diviser : elle séduit ses partisans les plus fervents, mais inquiète diplomates et observateurs internationaux. À Madrid, cette nouvelle provocation pourrait relancer les appels à une réponse ferme de la part du gouvernement espagnol, soucieux de ne pas laisser passer ce qu’il considère comme une atteinte à sa dignité institutionnelle.