TOKYO, 1er août — Le Japon a exprimé vendredi sa « sérieuse préoccupation » quant au projet d’élections en Birmanie alors que de nombreux détenus politiques, dont l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi, sont toujours emprisonnés. Le ministre japonais des Affaires étrangères, Takeshi Iwaya, a averti que des élections menées dans ces conditions risquaient de « provoquer une réaction populaire encore plus forte » et de « compliquer la résolution pacifique du conflit ».
Dans une déclaration officielle, le chef de la diplomatie japonaise a exhorté une nouvelle fois la junte militaire au pouvoir à « cesser immédiatement les violences », à libérer tous les prisonniers politiques et à « rétablir un système politique démocratique » dans le pays.
Le Japon, qui entretient des relations historiques et économiques avec la Birmanie, fait partie des rares nations asiatiques à adopter une ligne critique à l’égard du régime militaire depuis le coup d’État de février 2021. À plusieurs reprises, Tokyo a appelé à un retour au dialogue démocratique et à la libération d’Aung San Suu Kyi, icône de la démocratie birmane et prix Nobel de la paix, condamnée à plusieurs décennies de prison lors de procès largement jugés arbitraires.
La déclaration du Japon intervient alors que la junte prévoit d’organiser des élections nationales en 2026, un processus largement critiqué par la communauté internationale comme étant destiné à légitimer un régime militaire rejeté par une grande partie de la population birmane.
Lors de la récente réunion des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN Plus Trois à Kuala Lumpur, Takeshi Iwaya avait déjà souligné la nécessité d’une réponse régionale ferme face à la crise en Birmanie, qui continue de provoquer instabilité et violations des droits humains dans toute la région.