Israël a vivement critiqué vendredi le chef de l’aide humanitaire des Nations unies, Tom Fletcher, après que ce dernier a interpellé le Conseil de sécurité sur la nécessité d’agir pour « prévenir un génocide » dans la bande de Gaza, alors que les livraisons d’aide humanitaire sont bloquées depuis plus de deux mois. Cette déclaration a suscité une réaction cinglante de la part de l’ambassadeur israélien à l’ONU, Danny Danon, qui l’a jugée « profondément irresponsable ».
Devant les membres du Conseil, Fletcher avait lancé un appel pressant, demandant : « Allez-vous agir – de manière décisive – pour prévenir le génocide et garantir le respect du droit international humanitaire ? » Cette prise de parole intervient alors que la famine menace environ 500 000 personnes à Gaza, selon un observateur mondial de la sécurité alimentaire, soit un quart de la population de l’enclave palestinienne.
Dans une lettre adressée à Fletcher, Danon a dénoncé une « accusation de génocide sans preuve, sans mandat et sans retenue », accusant le responsable onusien d’avoir utilisé son poste à des fins politiques, au mépris de la neutralité de l’ONU. En retour, Fletcher a maintenu sa position dans une réponse ferme, affirmant que son rôle impose « l’honnêteté quant à ce que nous observons et sommes tenus de signaler ».
Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, au cours de laquelle 1 200 personnes ont été tuées en Israël et environ 250 otages pris, l’armée israélienne a lancé une offensive majeure à Gaza. D’après les autorités sanitaires locales, plus de 53 000 Palestiniens ont été tués. Israël continue de bloquer l’entrée de l’aide, exigeant la libération de tous les otages restants. Tel-Aviv accuse par ailleurs le Hamas de détourner les convois humanitaires, une accusation que le groupe palestinien nie.
Dans un contexte d’urgence croissante, Fletcher a exhorté Israël à lever le blocus et rappelé que 9 000 camions humanitaires, dont 50 % chargés de nourriture, sont prêts à entrer dans Gaza. Ces convois, déjà autorisés par l’agence israélienne COGAT, sont selon lui soutenus par un dispositif logistique rigoureux, incluant des contrôles pour prévenir tout détournement de l’aide. « Laissez-nous faire notre travail », a-t-il conclu.