Les autorités israéliennes ont annoncé dimanche avoir reçu les restes de trois otages retrouvés à Gaza, alors que le cessez-le-feu fragile instauré depuis un mois tient encore. Selon le Hamas, les corps auraient été découverts dans un tunnel du sud de l’enclave palestinienne avant d’être remis à Israël.
Depuis l’entrée en vigueur de la trêve le 10 octobre, les militants palestiniens ont déjà rendu les dépouilles de 17 otages, tandis que 11 autres resteraient toujours détenus. L’armée israélienne a précisé que les identifications officielles seraient communiquées en priorité aux familles concernées. Le président américain Donald Trump a indiqué que parmi les trois victimes figurait Omer Neutra, un citoyen américano-israélien et ancien commandant de char dans les forces israéliennes, porté disparu depuis l’attaque du 7 octobre 2023.
Un échange de dépouilles sous haute tension
En échange des corps d’otages israéliens, Israël a remis les restes de 15 Palestiniens. Le processus d’identification reste complexe : les autorités sanitaires de Gaza, privées de matériel ADN, n’ont pu identifier que 75 des 225 corps restitués depuis le début de la trêve. Des photos de dépouilles sont publiées en ligne afin d’aider les familles à reconnaître leurs proches.
La douleur reste vive des deux côtés. À Jérusalem, lors d’un rassemblement samedi soir, Moran Harari, amie d’une victime, a exhorté le gouvernement israélien à ne pas replonger dans la guerre : « Cette guerre maudite a déjà pris trop de vies. Il faut faire preuve de retenue. »
Un cessez-le-feu précaire et des questions en suspens
Cette restitution s’inscrit dans le cadre du plan de trêve négocié par les États-Unis, prévoyant notamment la création d’une force internationale de stabilisation composée de partenaires arabes, ainsi que de l’Égypte et de la Jordanie, chargés de sécuriser les frontières de Gaza. Plusieurs pays ont exprimé leur intérêt, mais attendent un mandat clair du Conseil de sécurité de l’ONU avant tout engagement militaire.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que des « poches de résistance du Hamas » subsistaient encore à Rafah et Khan Younis et qu’elles seraient « éliminées ». La guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas en octobre 2023 ayant fait environ 1 200 morts et 251 otages, a depuis causé plus de 68 000 morts à Gaza, selon le ministère de la Santé de l’enclave, dont les chiffres, bien que contestés par Israël, sont jugés fiables par plusieurs experts indépendants.
Alors que les familles d’otages continuent d’espérer un retour de leurs proches, la trêve semble suspendue à un fil, entre pressions politiques, drames humains et incertitudes sur l’avenir de Gaza.