PEKIN, 8 août 2025 — Le président chinois Xi Jinping a exprimé vendredi son soutien à une reprise du dialogue entre Moscou et Washington, dans le cadre d’un appel téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine. Cette déclaration intervient alors que le président américain Donald Trump se prépare à rencontrer Poutine dans les prochains jours pour tenter de faire avancer une résolution du conflit en Ukraine.
Selon la chaîne de télévision publique chinoise CCTV, l’appel a eu lieu à la demande du président russe. Xi a affirmé que la Chine se félicitait de tout effort visant à maintenir les canaux de communication ouverts entre les États-Unis et la Russie, et a réitéré la position de Pékin en faveur de pourparlers de paix et d’une solution diplomatique au conflit, qui entre dans sa quatrième année.
La perspective de cette rencontre entre Trump et Poutine intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes. Bien que Trump affiche depuis janvier une attitude plus conciliante envers Moscou, il a récemment fait part de sa frustration face à l’absence de progrès vers un cessez-le-feu. Il a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane aux pays qui, selon lui, continuent de financer la guerre en achetant du pétrole russe — une critique implicite visant notamment la Chine.
En réponse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a défendu la coopération énergétique entre la Chine et la Russie. Il a souligné qu’elle était « juste et légitime » et a affirmé que Pékin continuerait à prendre des mesures pour assurer sa sécurité énergétique, conformément à ses « intérêts nationaux ».
Trump a par ailleurs évoqué mercredi la possibilité d’instaurer de nouveaux droits de douane contre la Chine, semblables aux 25 % déjà imposés à l’Inde pour ses importations de pétrole russe. Cette menace commerciale survient alors que les États-Unis cherchent à exercer une pression maximale pour accélérer une issue au conflit en Ukraine.
La Chine, tout en restant officiellement neutre, continue de plaider pour une solution négociée, sans pour autant condamner l’invasion russe. Elle maintient une relation stratégique avec Moscou, tout en cherchant à éviter un affrontement direct avec Washington sur le dossier ukrainien.