G7 - les alliés de Washington s’interrogent sur la légalité des frappes américaines dans les Caraïbes (AP)
G7 - les alliés de Washington s’interrogent sur la légalité des frappes américaines dans les Caraïbes (AP)

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio pourrait être confronté à des questions embarrassantes lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 au Canada, alors que les alliés de Washington expriment leurs inquiétudes face à la légalité des frappes menées par l’armée américaine dans les Caraïbes. Depuis plusieurs semaines, les États-Unis affirment cibler des navires soupçonnés de transporter de la drogue, mais plusieurs pays européens estiment que ces opérations violent le droit international.

Selon le Pentagone, au moins 19 frappes ont été effectuées dans les Caraïbes et au large des côtes pacifiques d’Amérique latine, faisant au moins 76 morts. Washington justifie ces attaques au nom de l’article 51 de la Charte des Nations unies, invoquant la légitime défense face à des menaces transnationales. Cependant, aucune preuve publique n’a été fournie pour appuyer les accusations de trafic de stupéfiants ni pour expliquer pourquoi les navires visés n’ont pas été interceptés.

La France a été la première à dénoncer publiquement ces actions. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré mardi que Paris « observait avec préoccupation les opérations militaires américaines dans la région car elles violent le droit international ». Il a rappelé que la France dispose de territoires ultramarins dans la zone, où vivent plus d’un million de citoyens français. Un haut responsable européen a confirmé que le sujet serait abordé « en marge » du sommet du G7, bien qu’il ne figure pas officiellement à l’ordre du jour.

Des experts indépendants des Nations unies ont également condamné ces frappes, estimant que l’usage de la force létale en eaux internationales, sans base juridique claire, constituait une violation du droit de la mer et des exécutions extrajudiciaires. Selon CNN, le Royaume-Uni a même suspendu tout partage de renseignement maritime avec les États-Unis dans la région, jugeant les opérations « illégales ». La Colombie a pris une décision similaire, son président Gustavo Petro ordonnant l’arrêt de la coopération sécuritaire avec Washington tant que les attaques se poursuivront.

Rubio a brièvement rencontré la ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, en marge de la réunion du G7, mais ni Londres ni Washington n’ont confirmé si les frappes avaient été évoquées.

Outre cette controverse, les discussions du G7 portent également sur les efforts diplomatiques du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Rubio a participé à une session consacrée au soutien militaire à Kiev, aux côtés du ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha, qui a plaidé pour le renforcement des défenses aériennes et de l’industrie de défense du pays.

Le Canada a profité du sommet pour annoncer de nouvelles sanctions contre Moscou, visant le programme de drones russes, plusieurs entités du secteur du gaz naturel liquéfié et des navires de la « flotte fantôme » utilisée pour contourner les embargos occidentaux. Ces mesures viennent compléter les sanctions américaines récemment imposées à Rosneft et Lukoil, les deux principaux groupes pétroliers russes, dans l’espoir de pousser le Kremlin vers une solution négociée après trois ans et demi de guerre.

Que retenir rapidement ?

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio pourrait être confronté à des questions embarrassantes lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères

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