Dans une tribune publiée ce mardi dans le Financial Times, Emmanuel Macron appelle l’Union européenne à privilégier une approche « coopérative » avec la Chine afin de corriger des déséquilibres commerciaux qu’il juge « non viables ». Le président français met en garde contre une escalade protectionniste qui pourrait déboucher sur un conflit commercial majeur entre Pékin et Bruxelles.
S’il reconnaît que l’excédent commercial chinois, notamment vis-à-vis de l’Union européenne, pose un problème structurel, Emmanuel Macron estime que le recours aux droits de douane et aux quotas constituerait une réponse « non coopérative ». Selon lui, ces déséquilibres résultent à la fois d’une politique chinoise tournée vers les exportations et d’un déficit de compétitivité et de productivité du côté européen.
Un avertissement à Pékin, sans renoncer à la fermeté
Le chef de l’État n’exclut toutefois pas des mesures plus contraignantes si aucune évolution n’intervient. Il rappelle avoir prévenu les dirigeants chinois, lors de sa récente visite officielle, que l’Europe pourrait être contrainte de prendre « des mesures fortes » dans les prochains mois. « Je préfère de loin la coopération, mais je plaiderai en faveur d’autres solutions si nécessaire », souligne-t-il, laissant planer la menace de sanctions commerciales.
Dans sa tribune, Emmanuel Macron insiste également sur la responsabilité européenne. Il appelle les Vingt-Sept à bâtir un nouveau programme économique fondé sur la compétitivité, l’innovation et la protection, notamment en mobilisant l’importante épargne européenne au service des entreprises du continent.
Enfin, le président français entend porter ce message lors du prochain Conseil européen et dans le cadre de la présidence française du G7 en 2026. L’objectif affiché est clair : rééquilibrer les relations économiques avec la Chine sans rompre le dialogue, tout en renforçant la souveraineté économique européenne.