États-Unis – Chine : les négociations commerciales reprennent à Londres sous haute tension autour des terres rares
États-Unis – Chine : les négociations commerciales reprennent à Londres sous haute tension autour des terres rares

LONDRES – Les États-Unis et la Chine ont entamé mardi à Londres une deuxième journée de négociations commerciales à haut niveau, dans une tentative de désamorcer les tensions persistantes autour des contrôles à l’exportation, en particulier sur les terres rares. Ces échanges visent à garantir la stabilité de chaînes d’approvisionnement mondiales fragilisées et à apaiser les inquiétudes économiques croissantes.

La délégation américaine, conduite par le secrétaire au Trésor Scott Bessent, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le représentant au Commerce Jamieson Greer, a retrouvé à la Lancaster House le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et ses collaborateurs. L’un des enjeux centraux : la levée des blocages sur l’exportation de composants stratégiques, essentiels notamment à l’industrie automobile, à l’aérospatiale, aux semi-conducteurs et à la défense.

Cette réunion intervient après un accord préliminaire arraché en mai à Genève, qui avait temporairement rassuré les marchés. Toutefois, l’optimisme a rapidement laissé place au scepticisme lorsque Washington a accusé Pékin de maintenir des restrictions sur certaines exportations clés, en dépit de ses engagements.

L’importance de ces négociations est soulignée par la présence d’Howard Lutnick, dont l’agence est chargée de superviser les contrôles à l’exportation américains. Sa participation indique la place désormais cruciale des terres rares dans la stratégie économique et industrielle des États-Unis, face à la domination quasi exclusive de la Chine dans ce secteur, notamment en ce qui concerne les aimants utilisés dans les moteurs de véhicules électriques.

Les tensions se sont récemment ravivées, alors que les exportations chinoises vers les États-Unis ont chuté de 34,5 % en mai, leur plus forte baisse depuis le début de la pandémie en février 2020. Bien que les répercussions sur l’inflation américaine et l’emploi restent limitées, cette contraction met en lumière la vulnérabilité croissante des échanges bilatéraux.

Le dialogue actuel est d’autant plus stratégique qu’il survient peu après un entretien téléphonique entre le président Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping – leur premier contact direct depuis l’investiture de Trump en janvier. À l’issue de cette discussion, Trump a affirmé que la Chine avait accepté de reprendre certaines expéditions de terres rares vers les États-Unis, une décision confirmée par l’octroi de licences temporaires à des fournisseurs chinois travaillant avec les trois principaux constructeurs automobiles américains.

Malgré ce geste d’ouverture, la défiance reste palpable. Les industriels du monde entier redoutent une pénurie prolongée de matériaux critiques, alors que les tensions autour des politiques tarifaires de Trump, jugées imprévisibles, ont déjà coûté cher aux entreprises en pertes de revenus et hausses de coûts.

Les deux parties devraient publier des mises à jour à l’issue de cette nouvelle série de discussions, alors que les marchés scrutent le moindre signe de désescalade ou, au contraire, de rupture.

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