Erdogan salue une nouvelle initiative russe à Istanbul et ravive l’espoir d’une paix entre Moscou et Kiev
Erdogan salue une nouvelle initiative russe à Istanbul et ravive l’espoir d’une paix entre Moscou et Kiev

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré jeudi que la proposition de la Russie d’organiser une nouvelle série de négociations de paix avec l’Ukraine à Istanbul, prévue pour le 2 juin, renforçait l’espoir d’une résolution diplomatique du conflit. Ankara, qui joue depuis le début de la guerre un rôle de médiateur entre les deux camps, voit dans cette initiative une opportunité cruciale pour faire avancer le dialogue et freiner les violences.

« La voie vers une résolution passe par davantage de dialogue et de diplomatie. Nous utilisons toute notre puissance diplomatique et notre potentiel pour la paix », a affirmé Erdogan à des journalistes à bord d’un vol de retour d’Azerbaïdjan, selon ses services de presse. La Turquie, membre de l’OTAN mais partenaire stratégique de la Russie et de l’Ukraine, avait déjà accueilli des pourparlers en mars 2022, peu après l’invasion russe, ainsi qu’une rencontre bilatérale inédite le 16 mai dernier.

Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan s’est récemment rendu à Moscou, où il a rencontré le président russe Vladimir Poutine, avant de poursuivre sa mission diplomatique à Kiev, où il doit s’entretenir vendredi avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Fidan a confirmé que, malgré des divergences persistantes, les discussions avaient permis d’échanger 1 000 prisonniers de guerre et de mettre sur la table plusieurs points de convergence pour une trêve éventuelle.

Interrogé sur les positions respectives des belligérants, Fidan a reconnu que les objectifs russes, notamment en matière territoriale, restaient en contradiction avec le droit international. Il a toutefois estimé que ces revendications devaient être traitées sur le plan diplomatique et non juridique. « Il faut que les deux parties convergent vers un compromis, et cela nécessite également la contribution d’autres acteurs internationaux », a-t-il souligné, ajoutant qu’il pourrait contacter le secrétaire d’État américain Marco Rubio après son passage à Kiev.

La Russie, confrontée à une pression croissante pour accepter un cessez-le-feu, semble vouloir tester à nouveau la voie du dialogue, alors que le conflit entre dans sa quatrième année. Bien qu’aucun accord concret n’ait encore émergé des précédentes réunions, la Turquie s’emploie à entretenir un canal de communication actif entre les deux capitales, en misant sur sa position géopolitique unique.

L’initiative d’Istanbul pourrait représenter une avancée, même symbolique, dans un processus de paix encore fragile. Pour Ankara, qui cherche à renforcer son image d’arbitre influent sur la scène internationale, chaque geste diplomatique compte dans un contexte mondial marqué par des tensions multiples et une polarisation accrue des blocs géopolitiques.

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