Le Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani a confirmé mardi sa candidature à un second mandat, se présentant comme l’homme capable de transformer durablement l’Irak après des décennies de guerre, d’instabilité et de corruption. À quelques jours des élections législatives du 11 novembre, il affiche une confiance croissante, porté par un soutien populaire en hausse et une image de dirigeant pragmatique cherchant à équilibrer les relations entre les États-Unis et l’Iran.
Al-Sudani, à la tête du gouvernement depuis 2022, s’est distingué par son approche de conciliation entre les grandes puissances qui influencent la politique irakienne, tout en promettant de recentrer son action sur les besoins du pays : amélioration des services publics, lutte contre la pauvreté, modernisation des infrastructures et relance de l’économie pétrolière. « Je veux faire de l’Irak une réussite après des années de chaos », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec Reuters à Bagdad.
Mais le Premier ministre doit composer avec une classe politique fragmentée et discréditée. Les élections opposeront notamment al-Sudani à des figures issues de la même coalition qui l’avait porté au pouvoir — un ensemble complexe de partis et de groupes armés chiites. Beaucoup d’Irakiens reprochent à ces formations d’avoir plongé le pays dans la paralysie politique, la corruption et la violence, malgré les immenses richesses pétrolières dont dispose l’Irak.
Selon de nombreux analystes, al-Sudani et sa Coalition pour la construction et le développement partent favoris du scrutin. Toutefois, le système parlementaire irakien, composé de 329 sièges, rend improbable la formation d’un gouvernement majoritaire sans alliances. Les tractations post-électorales s’annoncent donc longues et délicates, un processus qui dans le passé a parfois duré plusieurs mois avant la désignation d’un Premier ministre.
Depuis son arrivée au pouvoir, Mohammed Shia al-Sudani a tenté d’incarner la stabilité et la compétence administrative dans un pays encore marqué par les séquelles de la guerre contre le groupe État islamique et les tensions régionales. Sa campagne mise sur son image de technocrate réformiste, déterminé à rompre avec les pratiques clientélistes. Mais pour beaucoup d’Irakiens, la question demeure : son second mandat sera-t-il celui du renouveau ou de la continuité d’un système politique perçu comme usé et verrouillé ?