JÉRUSALEM, 2 juillet 2025 – Plusieurs ministres du Likoud, le parti du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, ont lancé mercredi un appel officiel en faveur de l’annexion de la Cisjordanie occupée, incitant le chef du gouvernement à agir avant la suspension des travaux parlementaires prévue à la fin juillet. Cette initiative intervient à un moment délicat, alors que Netanyahou doit rencontrer la semaine prochaine le président américain Donald Trump pour discuter d’un éventuel cessez-le-feu avec le Hamas à Gaza.
La demande, présentée sous forme de pétition, émane d’un noyau dur de ministres nationalistes et conservateurs de la coalition, convaincus que la fenêtre politique actuelle est propice à l’intégration formelle de ce territoire palestinien à l’État d’Israël. Selon eux, la situation sécuritaire et diplomatique justifierait une telle mesure unilatérale.
La Cisjordanie, occupée par Israël depuis la guerre des Six Jours en 1967, est au cœur du conflit israélo-palestinien. Toute décision d’annexion serait considérée comme une violation flagrante du droit international par la majorité de la communauté internationale, qui continue de considérer ce territoire comme occupé. Les Palestiniens, eux, y voient le cœur de leur futur État indépendant.
Cette pression interne sur Netanyahou s’exerce alors qu’Israël est engagé dans une offensive prolongée contre le Hamas dans la bande de Gaza, et que les négociations en cours avec l’Égypte, le Qatar et les États-Unis cherchent à obtenir un cessez-le-feu temporaire et la libération d’otages israéliens. Une décision d’annexion pourrait compromettre ces efforts de médiation, et créer des tensions diplomatiques, notamment avec Washington.
Aucun commentaire officiel n’a encore été fait par le bureau du Premier ministre à ce sujet. Toutefois, l’entourage de Netanyahou reste divisé entre les partisans d’un agenda sécuritaire à court terme et ceux d’un changement de paradigme territorial durable. L’idée d’une annexion, longtemps débattue dans les cercles politiques israéliens, demeure une ligne rouge pour de nombreux alliés occidentaux, même sous une administration Trump traditionnellement favorable à Israël.
Alors que les violences se poursuivent sur le terrain, notamment à Tulkarem où des maisons palestiniennes ont été visées par des démolitions, la proposition du Likoud vient ajouter une nouvelle source d’instabilité à un paysage politique et sécuritaire déjà tendu.