SOULEIMANIYÉ (Irak) – Des dizaines de membres du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) remettront officiellement leurs armes ce vendredi lors d’une cérémonie organisée dans le nord de l’Irak, marquant une étape symbolique mais cruciale vers la fin d’une insurrection armée vieille de plusieurs décennies contre l’État turc.
Cette remise d’armes intervient deux mois après la décision historique du PKK de se dissoudre, de renoncer à la lutte armée et de désarmer. Cette décision faisait suite à un appel public lancé par le fondateur et leader emprisonné du groupe, Abdullah Öcalan, qui a exhorté ses partisans à ouvrir la voie à une résolution politique du conflit.
Environ 40 combattants du PKK, accompagnés d’un commandant, sont attendus pour participer à cette première cérémonie de désarmement dans la ville de Souleimaniyé, selon des sources proches du dossier. Basé dans les montagnes du nord de l’Irak depuis des années, le PKK avait été repoussé hors du territoire turc au fil du temps par les opérations militaires d’Ankara.
Les armes remises seront ultérieurement détruites lors d’une seconde cérémonie, à laquelle participeront des représentants des services de renseignement turcs et irakiens, des membres du gouvernement régional kurde d’Irak, ainsi que des responsables du parti pro-kurde turc DEM, qui a joué un rôle clé dans les négociations ayant conduit à ce désarmement.
Öcalan, le PKK et le parti DEM ont tous exhorté le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan à répondre aux revendications politiques kurdes, notamment par la création d’une commission parlementaire chargée de superviser le processus de paix. Dans une rare vidéo diffusée cette semaine, Öcalan a également appelé à la mise en place de garanties juridiques pour faciliter la transition du PKK vers une participation à la vie démocratique.
Ankara a commencé à envisager la formation de cette commission, tout en restant ferme sur la nécessité de ne pas laisser le processus s’éterniser. Le président Erdogan s’est engagé à empêcher toute tentative de sabotage et a promis d’annoncer prochainement de « bonnes nouvelles historiques ».
Le conflit entre le PKK et l’État turc, débuté en 1984, a fait plus de 40 000 morts et laissé des traces profondes dans la société turque, tout en pesant lourdement sur l’économie et la stabilité politique du pays. Cette nouvelle initiative, si elle se concrétise pleinement, pourrait ouvrir une ère inédite de réconciliation.