Des élus républicains et démocrates ont exprimé dimanche leur soutien à des examens parlementaires concernant les frappes militaires américaines visant des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue dans les Caraïbes et l’est du Pacifique. Leur réaction intervient après la publication d’un article affirmant que le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, aurait donné un ordre verbal exigeant que tous les membres d’équipage soient tués lors d’une opération menée début septembre.
Plusieurs parlementaires ont indiqué ne pas savoir si les informations révélées sont exactes, certains élus républicains se montrant sceptiques. Mais tous soulignent que des tirs visant des survivants incapables de combattre soulèveraient de graves questions juridiques. Un sénateur a estimé qu’une telle action relèverait d’un crime de guerre si elle était avérée.
Des responsables des commissions des forces armées de la Chambre des représentants et du Sénat ont déjà lancé des investigations pour déterminer ce qui s’est passé lors de l’opération. Les élus rappellent qu’aucune information fournie au Congrès ne mentionnait de frappes visant des survivants après l’attaque initiale.
Pendant ce temps, le président américain a confirmé qu’il s’était récemment entretenu avec le président vénézuélien Nicolás Maduro, alors que Washington affirme que certaines des embarcations visées seraient contrôlées par des réseaux liés au gouvernement de Caracas. Le chef de l’État envisage également d’éventuelles frappes sur le territoire vénézuélien, ce qui suscite des inquiétudes quant à une possible escalade.
Face aux révélations, le secrétaire à la Défense a dénoncé des informations « fabriquées » et assuré que les opérations dans les Caraïbes respectent le droit américain comme le droit international, après avoir été validées par les conseillers juridiques du Pentagone.
Les dirigeants des commissions des forces armées des deux chambres ont publié des déclarations conjointes affirmant leur engagement à exercer une supervision rigoureuse sur ces opérations. Ils ont insisté sur la nécessité d’obtenir une description complète des faits liés à la frappe du 2 septembre et aux opérations menées dans la zone relevant du Commandement Sud.
Certains élus républicains ont appelé à attendre les conclusions de l’enquête, estimant qu’il serait improbable que des ordres illégaux aient été donnés. D’autres affirment qu’il est essentiel d’établir les responsabilités dans un contexte où la campagne américaine contre le trafic de drogue se renforce et où la pression sur le gouvernement vénézuélien continue d’augmenter.