De grandes questions planent sur l’annonce par Trump d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et l’Iran
De grandes questions planent sur l’annonce par Trump d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et l’Iran

WASHINGTON, 24 juin (Reuters) – Malgré l’annonce triomphante par Donald Trump d’un « cessez-le-feu total et complet » entre Israël et l’Iran, de nombreux doutes persistent mardi quant à la solidité réelle de l’accord et la volonté des deux parties de le respecter.

Alors que le président américain s’est félicité d’avoir évité une nouvelle guerre au Moyen-Orient, les analystes et responsables interrogés par Reuters pointent l’absence de détails concrets, l’absence de déclaration formelle de Téhéran et les tirs signalés depuis lundi soir dans la région.

Un cessez-le-feu fragile

À peine quelques heures après l’annonce de Trump lundi soir, Israël a mené de nouvelles frappes en Syrie et à Gaza, qu’il a justifiées comme des ripostes à des attaques « indirectes » soutenues par l’Iran. Téhéran, de son côté, n’a pas officiellement confirmé avoir signé ou accepté un cessez-le-feu, même si des responsables ont parlé d’une « désescalade tactique ».

« Ce cessez-le-feu ressemble plus à une pause technique qu’à une résolution durable », a déclaré à Reuters un diplomate occidental impliqué dans les négociations indirectes. « Il y a eu des échanges via des intermédiaires, mais aucun protocole formel n’a été signé. »

Trump revendique une victoire diplomatique

Lors d’un point presse à bord d’Air Force One, Trump a insisté sur le fait que « personne ne veut une guerre », affirmant que son équipe avait « travaillé jour et nuit » pour obtenir cette trêve. Mais ses opposants politiques critiquent un accord annoncé de manière unilatérale et sans consultation apparente des partenaires européens ou de l’ONU.

« Trump cherche un succès rapide en pleine campagne électorale, mais cela risque d’être de courte durée si les tensions reprennent », estime Richard Goldberg, ancien membre du Conseil de sécurité nationale.

Une réponse iranienne mesurée

L’Iran semble, selon les renseignements américains et israéliens, avoir volontairement évité des cibles majeures ou stratégiques lors de ses dernières frappes. Une stratégie perçue comme une tentative d’éviter une escalade militaire incontrôlée tout en maintenant une posture de défi.

Selon deux sources proches des services de renseignement américains, la République islamique aurait « calibré sa réponse » pour éviter toute justification à une nouvelle vague de représailles américaines ou israéliennes.

Et maintenant ?

Malgré cette accalmie apparente, des analystes soulignent que les causes profondes de la confrontation — le programme nucléaire iranien, le soutien aux groupes armés dans la région, et la sécurité d’Israël — restent entièrement non résolues.

« Ce cessez-le-feu est un pansement sur une plaie ouverte », résume Dina Esfandiary, spécialiste du Moyen-Orient à l’International Crisis Group. « Sans cadre multilatéral, et sans implication active de puissances régionales comme la Turquie ou l’Arabie saoudite, cette trêve ne tiendra pas longtemps. »

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir en urgence mercredi pour discuter des suites du conflit, tandis que des diplomates européens s’activent déjà en coulisse pour proposer une initiative de désescalade durable.

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