Le Pérou a confirmé samedi le départ de la plus haute représentante diplomatique mexicaine à Lima, Karla Ornelas, sur fond de rupture des relations diplomatiques entre les deux pays. La décision intervient après que le Mexique a accordé l’asile politique à l’ancienne Première ministre péruvienne Betssy Chavez, poursuivie pour complot.
Selon un communiqué publié par l’agence péruvienne des migrations, la chargée d’affaires mexicaine a quitté le territoire « conformément aux instructions du gouvernement péruvien ». Cette expulsion marque une nouvelle escalade dans la crise entre les deux nations, déjà tendues depuis la destitution de l’ex-président Pedro Castillo en 2022.
Betssy Chavez, dernière cheffe du gouvernement de Castillo, s’est réfugiée à l’ambassade du Mexique à Lima pour échapper à une condamnation de 25 ans de prison. Elle est accusée d’avoir participé à la tentative de dissolution du Congrès par Castillo, un acte qualifié de coup d’État par ses opposants. L’intéressée nie toute participation et affirme être victime d’une persécution politique.
Le gouvernement péruvien a refusé de lui accorder un sauf-conduit, bloquant ainsi sa sortie du pays malgré la protection diplomatique mexicaine. Mexico, de son côté, invoque la Convention de Caracas de 1954 sur l’asile diplomatique, soulignant qu’il agit « en stricte conformité avec le droit international ».
Les tensions se sont aggravées vendredi lorsque Lima a annoncé la rupture officielle des relations avec le Mexique. Plusieurs parlementaires péruviens ont également déclaré que la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum « n’était pas la bienvenue » sur le territoire péruvien.
Cette crise rappelle les précédents affrontements diplomatiques entre les deux pays, notamment après que le Mexique avait déjà offert l’asile à la famille de Pedro Castillo en 2022. Elle souligne la fracture persistante en Amérique latine entre gouvernements de gauche et exécutifs plus conservateurs, sur fond de rivalités politiques et de débats autour de la souveraineté nationale.