Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a salué jeudi la restauration réussie d’un destroyer de 5 000 tonnes précédemment endommagé, et a promis la construction de deux nouveaux navires de guerre similaires dès l’an prochain. Cette annonce, faite lors d’une cérémonie de relancement du navire à Rajin, réaffirme l’ambition du régime d’étendre ses capacités navales dans un contexte de tensions persistantes avec les États-Unis et leurs alliés.
Le destroyer en question avait partiellement chaviré en mai, peu après une tentative de lancement ratée. Kim avait alors qualifié l’accident d’« acte criminel » et ordonné sa remise en état en urgence, avant la prochaine réunion du Parti des travailleurs prévue en juin. Selon l’agence de presse officielle KCNA, les travaux de restauration ont été menés avec succès et n’auraient pas ralenti les projets de développement naval de Pyongyang.
« La restauration de ce destroyer est une victoire stratégique. Nous irons plus loin. Deux autres bâtiments de 5 000 tonnes seront construits l’an prochain », a déclaré Kim lors de la cérémonie, aux côtés de sa fille Kim Ju-Ae, dont la présence renforce les spéculations sur son rôle futur dans la dynastie dirigeante. Des images satellites avaient révélé au cours des dernières semaines l’intensité des travaux menés sur le chantier naval.
Kim a également insisté sur la nécessité pour la Corée du Nord de renforcer sa présence maritime dans le Pacifique, dénonçant des « provocations continues » de la part de Washington et de ses partenaires régionaux. Dans un discours musclé relayé par la KCNA, il a affirmé que « les ennemis verront bientôt ce que cela signifie de voir les navires de l’adversaire dominer les eaux souveraines ».
Le dirigeant nord-coréen a évoqué une stratégie d’extension de l’influence maritime de son pays vers « les avant-postes de l’agression », en référence probable aux bases militaires américaines dans la région. Si les capacités réelles de la marine nord-coréenne restent limitées par rapport à celles des grandes puissances, ces déclarations confirment la volonté de Pyongyang de faire de sa flotte un vecteur stratégique d’intimidation et de dissuasion.
Cette nouvelle démonstration de force intervient alors que les tensions régionales restent vives, notamment après des manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud. Kim continue d’alimenter une rhétorique de confrontation, tout en accélérant la modernisation de ses capacités militaires sur tous les fronts.