La décision des États-Unis de se retirer du principal traité des Nations Unies sur le climat constitue un « but contre son camp colossal » qui portera atteinte à l’économie, à l’emploi et au niveau de vie du pays, a estimé le responsable climat de l’ONU, Simon Stiell. Selon lui, ce désengagement intervient alors que les catastrophes climatiques – incendies, inondations, tempêtes extrêmes et sécheresses – s’intensifient rapidement.
Dans un communiqué, Simon Stiell a dénoncé un recul du leadership mondial américain en matière de coopération climatique et de science. Il a affirmé que, pendant que les autres nations s’efforcent d’avancer collectivement, ce retrait affaiblira la sécurité et la prospérité des États-Unis face aux impacts croissants du changement climatique.
Le président américain Donald Trump, critique de longue date des énergies renouvelables et sceptique vis-à-vis du réchauffement climatique, a franchi une étape supplémentaire après avoir déjà retiré le pays de l’accord de Paris. Washington se retire désormais de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), alors même que les États-Unis demeurent le plus grand émetteur historique de gaz à effet de serre.
La CCNUCC impose aux pays industrialisés de réduire leurs émissions, de rendre compte publiquement de leurs efforts et de contribuer financièrement à l’aide des pays les plus vulnérables. Dans ce cadre, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé le retrait immédiat des États-Unis du Fonds vert pour le climat, principal mécanisme financier de la convention, ainsi que de son conseil d’administration.
Les États-Unis se sont également retirés du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), organe scientifique de référence de l’ONU, au sein duquel les chercheurs américains ont historiquement joué un rôle central. Cette décision a suscité de vives critiques en Europe et parmi les organisations environnementales.
Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de l’action climatique, a dénoncé une atteinte aux principes de coopération internationale, tandis que l’ancien vice-président américain Al Gore a accusé l’administration Trump de chercher à discréditer la science climatique. Selon lui, ce retrait « anéantit des décennies de diplomatie » et sape la confiance mondiale à un moment où la lutte contre le réchauffement exige une mobilisation collective.