C’était un 6 novembre - la Révolution d’Octobre prend le pouvoir en Russie
C’était un 6 novembre - la Révolution d’Octobre prend le pouvoir en Russie

Le 6 novembre 1917, dans la nuit du 6 au 7, la capitale russe Petrograd bascule aux mains des bolcheviks. Profitant du chaos de la Première Guerre mondiale et de l’affaiblissement du gouvernement provisoire, les partisans de Lénine lancent une opération décisive pour renverser la jeune démocratie née quelques mois plus tôt, au printemps 1917. Cet événement, appelé « Révolution d’Octobre » selon l’ancien calendrier julien, marque le début d’un régime fondé sur l’idéologie marxiste et inaugure un des tournants majeurs du XXᵉ siècle : la naissance du premier État se réclamant du socialisme.

Un pays épuisé et un pouvoir fragilisé

Depuis le mois de février 1917, la Russie a renversé le tsar et s’est dotée d’un gouvernement provisoire. Mais la guerre continue, la famine menace, l’économie s’effondre et l’autorité politique se fissure. Le premier ministre Alexandre Kerenski, persuadé que les bolcheviks ne représentent qu’un groupe marginal, sous-estime leur capacité d’action. Pendant ce temps, Lénine, revenu d’exil au printemps avec l’appui discret de l’Allemagne, rallie ouvriers, soldats et paysans autour de slogans simples : mettre fin à la guerre, redistribuer les terres, et confier l’autorité aux soviets ces conseils populaires qui fleurissent partout dans le pays.

Un coup de force méthodique

À l’aube du 6 novembre, la tentative de fermeture d’une imprimerie bolchevique sert de prétexte au soulèvement. Sous la direction de Trotski, les gardes rouges et des unités militaires sympathisantes s’emparent des points stratégiques : ponts, gares, banques, ministères. La ville ne connaît ni combats massifs ni barricades héroïques ; les tramways circulent, les théâtres restent ouverts, et la population assiste dans une relative indifférence à l’effondrement du pouvoir. Dans la soirée, le Palais d’Hiver est encerclé ; quelques défenseurs résistent brièvement avant de se rendre. En quelques heures, le gouvernement tombe sans que Petrograd ne s’embrase.

Les fondations d’un pouvoir autoritaire

Dès le lendemain, Lénine proclame que « tout le pouvoir passe aux soviets », mais ces assemblées sont rapidement contrôlées par le parti bolchevique. Pour consolider son autorité, le nouveau régime interdit la presse indépendante, abolit les partis modérés et crée la police politique, la Tchéka, chargée d’éliminer les opposants. La première paix avec l’Allemagne est signée au prix de lourdes concessions territoriales, et l’État nationalise les terres et les banques. En janvier 1918, lorsque l’Assemblée constituante, pourtant élue démocratiquement, refuse de se soumettre, elle est dissoute de force.

Un séisme mondial

Ce coup de force, rapidement présenté comme une révolution populaire, ouvre la voie à une guerre civile sanglante et à l’installation durable d’un régime totalitaire. Lénine et ses successeurs veulent étendre le mouvement au monde entier : en 1919, la fondation de l’Internationale communiste transforme la révolte russe en modèle révolutionnaire global. Ce 6 novembre 1917 marque ainsi la naissance de l’Union soviétique et le début de 70 ans d’affrontement idéologique entre communisme et démocratie libérale, dont les répercussions bouleverseront toute l’histoire contemporaine.

Que retenir rapidement ?

Le 6 novembre 1917, dans la nuit du 6 au 7, la capitale russe Petrograd bascule aux mains des bolcheviks. Profitant du chaos de la Première Guerre mondiale

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