Les dirigeants de l’Union européenne se sont accordés jeudi à Bruxelles pour travailler sur l’option consistant à financer l’Ukraine en 2026 et 2027 à l’aide des avoirs russes gelés, plutôt que par un nouvel emprunt commun de l’UE. L’annonce a été faite par le Premier ministre polonais Donald Tusk à l’issue des discussions au sommet européen.
« Nous recherchons assurément une percée, et cette percée signifie que tout le monde s’accorde à dire qu’il vaut la peine d’essayer et que le recours aux ressources russes en faveur de l’Ukraine serait justifié et bénéfique pour l’Europe », a déclaré Donald Tusk aux journalistes. Il a toutefois reconnu que certains États membres entendaient encore obtenir des garanties maximales avant de valider pleinement le mécanisme.
Selon le chef du gouvernement polonais, le principe politique est désormais acté. « Cette déclaration selon laquelle nous voulons tous utiliser les ressources russes pour l’Ukraine a été faite et je ne pense pas que quiconque reviendra dessus », a-t-il affirmé lors d’une pause dans les pourparlers, soulignant l’ampleur du consensus atteint.
L’option privilégiée consiste à utiliser les revenus générés par les avoirs russes gelés pour garantir un prêt destiné à Kiev. Sur les quelque 210 milliards d’euros d’avoirs souverains russes immobilisés dans l’Union européenne depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou en 2022, environ 185 milliards sont détenus par le dépositaire financier Euroclear, basé en Belgique.
Ce schéma vise à assurer un financement durable de l’Ukraine sans alourdir directement la dette commune européenne, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires nationales. Il permettrait également à l’UE de répondre aux besoins financiers croissants de Kiev, alors que la guerre se prolonge et que les aides actuelles risquent de s’avérer insuffisantes à moyen terme.
Reste toutefois à régler les aspects juridiques et politiques les plus sensibles, notamment les garanties contre d’éventuelles actions en justice de la Russie. Malgré ces réserves, l’accord de principe marque une étape importante, signalant la volonté des dirigeants européens de mobiliser durablement les ressources russes gelées pour soutenir l’Ukraine.