Le président intérimaire de la Syrie, Ahmad al-Sharaa, a affirmé samedi qu’Israël « combattait des fantômes » et recherchait de nouveaux ennemis dans le sillage de la guerre à Gaza. S’exprimant lors du Forum de Doha, il a déclaré avoir envoyé depuis un an « des messages positifs pour la paix et la stabilité régionales », lesquels auraient été rejetés par Israël.
Selon al-Sharaa, Israël transpose son conflit avec le Hamas pour justifier des actions qu’il qualifie « d’agressions au nom de la sécurité ». Il a assuré que la Syrie ne suivrait pas cette voie : « Nous ne voulons pas être un pays qui exporte le conflit, y compris vers Israël. » Il a également appelé Tel-Aviv à retirer ses forces du territoire syrien et à revenir pleinement au respect de l’accord de désengagement conclu en 1974.
Le dirigeant syrien a exhorté la communauté internationale à accentuer la pression sur Israël, tout en se disant optimiste quant à la possibilité de trouver un cadre répondant à des exigences de sécurité « raisonnables ». Il a confirmé l’existence de négociations en cours, auxquelles les États-Unis participent activement.
Depuis la chute de l’ancien président Bachar el-Assad en décembre 2024, Israël contrôle une portion du sud de la Syrie, correspondant à une zone tampon autrefois surveillée par les Nations unies. Israël affirme avoir saisi cette zone démilitarisée de 400 km² à titre préventif, afin d’empêcher l’implantation de groupes armés après la victoire d’insurgés islamistes contre Assad.
Les forces israéliennes mènent régulièrement des opérations dans plusieurs localités situées dans et en dehors de cette zone, notamment des raids visant à capturer des personnes soupçonnées d’activités militantes. Le mois dernier, au moins 13 personnes ont été tuées lors d’une opération israélienne visant des suspects.
Au début du mois, le président américain Donald Trump avait salué la gestion d’al-Sharaa et exhorté Israël à ne pas « interférer » dans les affaires syriennes. Sur Truth Social, il avait insisté sur l’importance d’un « dialogue fort et sincère » entre les deux pays, estimant qu’Israël ne devait rien entreprendre pouvant entraver la transition de la Syrie vers un État « prospère ».
Parallèlement, Israël a mené des centaines de frappes aériennes contre des sites militaires syriens et continue de pousser à la création d’une nouvelle zone démilitarisée au sud de Damas, maintenant ainsi une pression constante sur le terrain.