Au Myanmar, la junte annonce un gouvernement intérimaire mais conserve les rênes du pouvoir
Au Myanmar, la junte annonce un gouvernement intérimaire mais conserve les rênes du pouvoir

Le régime militaire au pouvoir au Myanmar a annoncé jeudi la formation d’un gouvernement intérimaire en amont d’élections promises pour décembre, mais sans véritable transfert d’autorité : le général Min Aung Hlaing, auteur du coup d’État de 2021, reste à la fois président par intérim et chef des forces armées. Une annonce qui confirme la mainmise persistante de la junte sur les institutions du pays, malgré les promesses de retour à l’ordre constitutionnel.

Selon les informations rapportées par Reuters, cette réorganisation du pouvoir, présentée comme une étape préparatoire aux élections à venir, ne modifie en rien la structure verticale du régime militaire. Le général Min Aung Hlaing continue de concentrer l’essentiel des pouvoirs exécutifs, politiques et militaires, tout en supervisant directement le processus électoral à venir, qui devrait, selon les analystes, être largement dominé par des partis proches de l’armée.

Les autorités birmanes n’ont pas encore précisé de date officielle pour le scrutin, initialement annoncé pour la fin de l’année. Depuis le putsch de février 2021, qui a renversé le gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, le Myanmar est plongé dans une crise politique, économique et humanitaire majeure, marquée par une résistance armée accrue, une répression brutale et un isolement croissant sur la scène internationale.

La formation de ce gouvernement intérimaire intervient dans un climat de méfiance généralisée, tant au sein de la population que parmi les opposants exilés ou clandestins. La junte affirme vouloir organiser des élections « inclusives et représentatives », mais les principales formations pro-démocratie restent interdites ou réduites au silence, tandis que des centaines d’élus, militants et journalistes ont été emprisonnés ou forcés à fuir le pays.

Cette annonce coïncide avec une intensification de la diplomatie régionale et internationale, certains voisins du Myanmar, notamment au sein de l’ASEAN, tentant de relancer un dialogue avec le régime militaire. Mais la concentration du pouvoir entre les mains de Min Aung Hlaing compromet sérieusement la crédibilité du processus électoral aux yeux de nombreux observateurs.

Le Myanmar, sous régime militaire pendant près de cinquante ans au XXe siècle, semble aujourd’hui refermer la parenthèse démocratique ouverte en 2011. La promesse d’élections apparaît dès lors comme une tentative de légitimation d’un pouvoir autoritaire plus que comme un véritable retour à la démocratie.

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