C’est une visite qui dénote face au désintérêt grandissant de la communauté internationale. Angelina Jolie a surpris en se rendant ce jeudi dans l’une des zones les plus dangereuses d’Ukraine : la ville de Kherson, constamment pilonnée par les troupes russes. L’actrice, vêtue d’un gilet pare-balles, a rencontré du personnel médical, des volontaires et des civils contraints de vivre sous la menace permanente des drones.
« À l’heure où les gouvernements du monde entier tournent le dos à la protection des civils, leur force et leur soutien mutuel sont une source d’humilité », a déclaré l’ambassadrice humanitaire dans un communiqué poignant. Des images montrent la star hollywoodienne dans des abris souterrains, aux côtés d’enfants contraints de suivre leur scolarité sans fenêtres, dans des infrastructures médicales délocalisées sous terre pour échapper aux frappes.
Une ville martyre
Kherson, ancienne cité de 300 000 habitants, est devenue l’épicentre de la terreur pour les civils ukrainiens. Située à portée directe de l’artillerie russe positionnée sur l’autre rive du Dniepr, la ville subit un déluge de feu quotidien. Les autorités locales ont révélé des chiffres glaçants : pas moins de 2 500 drones russes ont été abattus la semaine dernière dans la seule région de Kherson.
La visite d’Angelina Jolie, organisée avec la Legacy of War Foundation, revêt une importance symbolique forte pour les habitants. « Nous sommes très reconnaissants », a confié Oleksandr Tolokonnikov, chef adjoint de l’administration régionale, « parfois on a l’impression d’être oubliés ». Un sentiment d’abandon que l’actrice, déjà venue à Lviv en 2022, contribue à dissiper par sa présence, rappelant au monde que la guerre en Ukraine continue de faire rage, loin des projecteurs médiatiques.