À Pékin, Xi Jinping réunit Poutine et Kim Jong Un dans une démonstration d’unité contre l’Occident @AP
À Pékin, Xi Jinping réunit Poutine et Kim Jong Un dans une démonstration d’unité contre l’Occident @AP

Le président chinois Xi Jinping a accueilli mardi à Pékin ses homologues russe Vladimir Poutine et nord-coréen Kim Jong Un, réunis pour la première fois en public dans un geste d’affichage de solidarité entre régimes marginalisés par l’Occident. La rencontre, qui précède un gigantesque défilé militaire prévu le 3 septembre, marque un moment fort de rapprochement entre ces puissances contestataires.

Lors de son entretien au Grand Palais du Peuple, Poutine a salué le niveau « sans précédent » des relations russo-chinoises et a remercié son « cher ami » Xi pour l’accueil réservé. Pendant ce temps, le train blindé de Kim Jong Un poursuivait sa route vers la capitale chinoise, après avoir quitté Pyongyang pour assister aux célébrations du 80e anniversaire de la capitulation japonaise.

L’Iran sera également représenté lors des cérémonies, renforçant l’image d’un bloc d’autocraties rassemblées autour de Pékin. Certains analystes occidentaux qualifient ce regroupement d’« Axe des bouleversements », soulignant qu’il intervient alors que les politiques isolationnistes du président américain Donald Trump fragilisent les alliances traditionnelles de Washington.

Au-delà du faste diplomatique et militaire, les observateurs surveillent de près la possibilité d’un approfondissement des coopérations de défense. La Russie et la Corée du Nord ont déjà signé en juin 2024 un pacte militaire, tandis que Pékin a également resserré ses liens sécuritaires avec Pyongyang. Un tel rapprochement pourrait modifier l’équilibre stratégique en Asie-Pacifique, où les tensions sont déjà vives autour de Taïwan et de la mer de Chine méridionale.

Cette réunion trilatérale illustre la volonté de Xi Jinping de se poser en alternative à l’ordre international dominé par les États-Unis, en rassemblant autour de lui des partenaires contestataires. Elle constitue également un camouflet pour Donald Trump, qui avait vanté ses relations personnelles avec Poutine, Xi et Kim, mais se retrouve marginalisé face à cette démonstration de force collective.

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