À Bagdad, les dirigeants arabes dénoncent avec virulence Israël et appellent à une trêve immédiate à Gaza
À Bagdad, les dirigeants arabes dénoncent avec virulence Israël et appellent à une trêve immédiate à Gaza

Réunis samedi à Bagdad pour le 34ᵉ sommet de la Ligue arabe, les chefs d’État et de gouvernement du monde arabe ont haussé le ton contre Israël, qu’ils accusent d’avoir intensifié une campagne de bombardements meurtriers sur Gaza et de chercher à déraciner les Palestiniens de l’enclave. Loin des formulations prudentes des précédentes rencontres, les discours se sont caractérisés par une dénonciation frontale des actions israéliennes, qualifiées de « crimes systématiques » ou de « génocide ».

Alors que la guerre fait rage à Gaza après l’effondrement d’un cessez-le-feu en mars, les frappes israéliennes ont causé la mort de centaines de Palestiniens depuis jeudi, selon les autorités locales. Cette nouvelle flambée de violences coïncide avec la fin de la tournée de quatre jours au Moyen-Orient du président américain Donald Trump, sans que celle-ci n’ait permis d’amorcer de désescalade.

Le président égyptien Abdel-Fatah al-Sissi, dont le pays joue un rôle clé dans la médiation, a fustigé une tentative d’« anéantissement » du peuple palestinien dans la bande de Gaza. Le Premier ministre irakien Mohammed Shia al-Sudani, hôte du sommet, a quant à lui accusé Israël de mener un « génocide » pur et simple. Ces accusations ont été appuyées par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, présent à Bagdad, qui a déclaré qu’« aucune action ne peut justifier la punition collective du peuple palestinien ».

Depuis la reprise des hostilités en mars, Israël impose un blocus total à Gaza, affirmant vouloir démanteler les capacités militaires et administratives du Hamas, responsable selon Tel-Aviv de l’attaque du 7 octobre 2023 ayant fait environ 1 200 morts côté israélien et plus de 250 otages. Le Hamas nie pour sa part utiliser les civils comme boucliers humains, une accusation régulièrement avancée par Israël pour justifier ses frappes dans les zones densément peuplées.

Les chiffres relayés par le ministère de la Santé de Gaza font état de plus de 53 000 morts depuis le début de l’offensive, dont une majorité de femmes et d’enfants, et d’un déplacement massif de la quasi-totalité des 2,3 millions d’habitants de l’enclave. Face à cette catastrophe humanitaire, la pression s’accroît sur Israël pour autoriser l’entrée de l’aide et revenir à la table des négociations. Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, a interpellé le Conseil de sécurité sur la nécessité d’agir pour « prévenir un génocide ».

Dans un geste concret de solidarité, le Premier ministre irakien a annoncé la création d’un fonds de reconstruction pour les États arabes touchés par les guerres, avec un engagement immédiat de 20 millions de dollars pour Gaza et 20 autres pour le Liban, dont le sud a été lourdement bombardé l’an dernier par Israël lors de ses affrontements avec le Hezbollah.

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