Alors que la France organise à Paris ce lundi 5 mai une grande conférence pour séduire les chercheurs étrangers, notamment américains, les signaux venus d’outre-Atlantique sont loin d’être encourageants. Malgré une hostilité croissante envers la recherche scientifique dans l’administration Trump, l’Europe ne fait pas encore rêver les scientifiques américains – surtout dans le domaine stratégique de l’intelligence artificielle. Les initiatives françaises et européennes, comme les programmes du CNRS ou d’Aix-Marseille Université, peinent à combler un écart abyssal : les investissements privés dans l’IA sont aujourd’hui onze fois plus élevés aux États-Unis qu’en Europe, rappelle le chercheur Mark Kennedy.
Face à la fuite des cerveaux, l’Europe reste en retrait
Un chiffre qui en dit long sur l’attrait d’un écosystème dynamique pour les scientifiques en quête de financements, de liberté et de réactivité. Si le discours d’Emmanuel Macron et d’Ursula von der Leyen se veut mobilisateur, la réalité est plus complexe : le « Choose Europe » se heurte à une culture réglementaire perçue comme hostile à l’innovation, et à une timidité persistante des investisseurs. Même dans la recherche publique, les États-Unis continuent de faire figure de locomotive. Résultat : les chercheurs américains regardent davantage vers le Canada, le Royaume-Uni ou l’Australie que vers la France. Sans un changement de paradigme sur l’accueil des talents, la fiscalité, la rapidité de financement et la culture de l’entrepreneuriat, le rêve européen de rapatrier les cerveaux de l’IA restera un vœu pieux.