À peine quelques mois après le lancement de GPT-5, déjà jugé trop froid et décevant par une partie de ses utilisateurs, Sam Altman a présenté les contours de GPT-6. Un modèle annoncé comme plus rapide, plus personnel, et surtout doté d’une mémoire active. Objectif affiché : transformer l’assistant virtuel en interlocuteur familier, capable de retenir goûts, habitudes, formulations ou humeurs de ses utilisateurs.
Une mémoire sans chiffrement… pour l’instant
L’innovation phare réside dans cette mémoire persistante, qui permettrait à GPT-6 de ne plus repartir de zéro à chaque échange. Mais Altman a reconnu que cette mémoire temporaire n’était pas encore chiffrée. Les données sensibles pourraient donc circuler sans protection, même si le PDG d’OpenAI promet que le chiffrement « viendra probablement ». En parallèle, des psychologues ont été associés au projet pour évaluer l’impact émotionnel de ce lien prolongé entre l’utilisateur et la machine.
Une IA calibrée selon vos idéologiesUne IA calibrée selon vos idéologies
Autre évolution majeure : GPT-6 pourra être modulé idéologiquement. Par défaut, le système devra respecter une forme de neutralité imposée par la réglementation américaine, mais les utilisateurs auront la possibilité de l’orienter selon leurs sensibilités politiques, de « conservateur » à « super woke ». Une manière assumée de flatter les biais des uns et des autres, au risque de renforcer les bulles idéologiques.
De la mémoire à l’interface neuronale
Altman ne cache pas non plus son intérêt pour les interfaces cerveau-machine. Il imagine un futur où l’on n’aurait même plus besoin de parler ou d’écrire pour interagir avec une IA : penser suffirait. Une ambition qui rappelle les projets de Neuralink ou de startups spécialisées dans la neurotechnologie. Face à une concurrence renforcée, Anthropic, DeepMind, xAI, OpenAI joue la vitesse et la différenciation. GPT-6, annoncé comme plus chaleureux et adaptatif, veut effacer l’échec d’image de GPT-5. Mais en misant sur la mémoire, les émotions et l’idéologie, le modèle ouvre aussi un nouveau champ de débats sur la frontière entre assistance, influence et intrusion.