Le Premier ministre Anthony Albanese doit prononcer cette semaine un discours majeur sur l’intelligence artificielle, alors que le Parti travailliste est divisé entre attraction des investissements dans les centres de données et protection des droits des créateurs.
L’autrice Anna Funder a choisi des mots forts pour décrire sa situation. Devant un groupe de journalistes réunis au Parlement australien début juillet, l’écrivaine, connue pour son livre Stasiland, s’est présentée comme une « victime d’un crime ». L’analogie visait à dénoncer la manière dont les entreprises technologiques ont, selon elle, aspiré ses œuvres littéraires à des fins commerciales sans contrepartie.
Cette prise de parole illustre la tension qui traverse actuellement Canberra. D’un côté, les sociétés d’intelligence artificielle font pression pour obtenir un assouplissement des lois australiennes sur le droit d’auteur, arguant que l’entraînement de leurs modèles sur des œuvres protégées devrait être autorisé. De l’autre, les artistes et les auteurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme une spoliation organisée de leur travail.
Au sein du Parti travailliste au pouvoir, la fracture est visible. Certains élus plaident pour faciliter l’implantation de centres de données sur le sol australien, un secteur jugé stratégique pour l’économie numérique du pays. D’autres refusent de sacrifier les droits des créateurs sur l’autel de l’attractivité technologique.
Le discours attendu d’Anthony Albanese cette semaine devrait clarifier la position du gouvernement sur ce dossier sensible, qui oppose deux visions difficilement conciliables de la régulation de l’IA.
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