DeepSeek sous surveillance : gouvernements et régulateurs multiplient les restrictions
DeepSeek sous surveillance : gouvernements et régulateurs multiplient les restrictions

La start-up chinoise d’intelligence artificielle DeepSeek fait l’objet d’un examen accru dans de nombreux pays, en raison de préoccupations liées à la sécurité nationale et à la protection des données personnelles. L’entreprise, qui affirme avoir développé un modèle d’IA capable de rivaliser avec ChatGPT à un coût nettement inférieur, stocke selon sa propre politique de confidentialité de vastes volumes de données sur des serveurs situés en Chine.

Ces inquiétudes ont conduit plusieurs gouvernements à prendre des mesures restrictives. En Australie, l’utilisation de DeepSeek a été interdite sur tous les appareils gouvernementaux, les autorités estimant que l’application présente un risque pour la sécurité. La République tchèque a adopté une mesure similaire pour l’ensemble de son administration publique, invoquant des craintes sur la gestion des données sensibles.

En France, l’autorité de protection des données a annoncé avoir interrogé DeepSeek afin de mieux comprendre le fonctionnement de son système d’IA et d’évaluer les risques potentiels pour la vie privée des utilisateurs. L’Allemagne est allée plus loin en demandant à Apple et Google de retirer l’application de leurs plateformes de téléchargement, estimant que les garanties en matière de sécurité des données étaient insuffisantes.

D’autres pays ont également renforcé leur vigilance. L’Inde a demandé à ses fonctionnaires d’éviter l’utilisation de DeepSeek et d’autres outils d’IA pour un usage officiel, tandis que les Pays-Bas ont ouvert une enquête sur les pratiques de collecte de données de la société et interdit l’application aux agents publics. En Italie, l’application a été bloquée début 2025 avant qu’une enquête ne soit close sous conditions, après des engagements pris par l’entreprise.

En Corée du Sud, les téléchargements de DeepSeek ont été temporairement suspendus après que la start-up a reconnu ne pas avoir respecté certaines règles de protection des données personnelles. Taïwan a également interdit son usage au sein des administrations publiques, mettant en avant des risques liés à la sécurité et à la censure. À l’inverse, la Russie a encouragé une coopération entre chercheurs chinois et institutions financières russes sur des projets communs d’IA.

Aux États-Unis, l’administration Trump étudie des sanctions visant à limiter l’accès de DeepSeek aux technologies américaines et envisage même de restreindre l’accès des utilisateurs américains à ses services. Plusieurs parlementaires ont déjà appelé à classer l’entreprise parmi les entités soupçonnées d’aider l’armée chinoise, illustrant la dimension géopolitique croissante autour des modèles d’IA développés en Chine.

L’affaire DeepSeek met en lumière les tensions croissantes entre innovation technologique, souveraineté numérique et protection des données, alors que les gouvernements cherchent à encadrer plus strictement l’essor rapide de l’intelligence artificielle.

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