Un juge fédéral américain a pris des mesures pour suspendre le déploiement de troupes de la Garde nationale à Washington, D.C., ordonné par le président Donald Trump. Cette décision représente un revers juridique pour la Maison Blanche, qui tente d’imposer une présence militaire dans plusieurs grandes villes américaines malgré l’opposition des autorités locales.
La juge de district Jia Cobb, nommée sous la présidence de Joe Biden, a interdit temporairement à l’administration Trump de déployer la Garde nationale dans la capitale fédérale sans l’accord du maire. Elle a toutefois suspendu l’effet immédiat de sa décision jusqu’au 11 décembre, afin de laisser à l’exécutif le temps de faire appel. Ce litige s’inscrit dans une série de batailles judiciaires lancées à travers le pays alors que Trump remet en cause les limites encadrant l’usage des forces militaires pour des missions de maintien de l’ordre sur le territoire national.
La Maison Blanche a réagi en affirmant que le président agissait légalement et a dénoncé une tentative de saper ses efforts pour réduire la criminalité violente. Le procureur général du district de Columbia, Brian Schwalb, qui a déposé la plainte le 4 septembre, estime au contraire que permettre à Trump d’utiliser des troupes pour des fonctions de police créerait un précédent dangereux. Selon lui, le président aurait illégalement usurpé l’autorité des forces de l’ordre locales et violé des lois interdisant aux militaires d’assurer des tâches de police intérieure.
Les avocats de l’administration Trump soutiennent que le président dispose d’une liberté totale pour déployer des troupes dans la capitale, qui ne fait partie d’aucun État, et affirment que ces forces ont agi légalement pour réduire la criminalité. Trump, qui a également envoyé des unités de la Garde nationale à Los Angeles, Chicago et Portland, justifie ces déploiements par la nécessité de faire face à ce qu’il décrit comme une montée de l’anarchie liée à sa politique migratoire.
Ces interventions ont suscité de fortes réactions de la part de dirigeants démocrates, qui accusent Trump d’utiliser les troupes fédérales pour punir ses adversaires politiques. Dans les villes où les autorités locales ont contesté leur présence, les tribunaux ont en grande majorité ordonné le retrait des troupes, même si une cour d’appel a récemment autorisé leur maintien à Los Angeles. La bataille judiciaire se poursuit, tandis que le débat sur les pouvoirs présidentiels en matière de sécurité intérieure reste plus vif que jamais.