Les dirigeants de l’Union européenne se réunissent jeudi à Bruxelles pour afficher un soutien clair et coordonné au président ukrainien Volodymyr Zelensky, à un moment où les signaux politiques venus de Washington sèment le doute. Après une semaine marquée par l’annonce puis l’annulation d’une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, les Européens veulent envoyer un message de fermeté et de continuité à Kyiv.
Au cours du sommet, les chefs d’État et de gouvernement européens doivent réaffirmer leur engagement envers l’intégrité territoriale de l’Ukraine et leur volonté d’élaborer un mécanisme inédit de financement à long terme. Selon les documents préparatoires, la Commission européenne travaille sur un projet de « prêt de réparation » de 140 milliards d’euros (environ 163 milliards de dollars), destiné à soutenir les finances ukrainiennes en 2026 et 2027.
Ce plan prévoit d’utiliser les avoirs russes gelés en Europe, principalement déposés dans l’institution belge Euroclear, pour générer des revenus et financer l’aide à Kyiv. Si le principe fait consensus politique, plusieurs États membres, dont la Belgique, ont soulevé des inquiétudes quant aux implications juridiques et financières d’une telle mesure, jugée sans précédent en droit international.
Ce prêt colossal s’ajouterait à un nouveau paquet de sanctions contre la Russie, comprenant notamment une interdiction progressive du gaz naturel liquéfié (GNL) russe à partir de 2027. L’ensemble vise à affaiblir durablement la capacité de Moscou à financer son effort de guerre, tout en assurant à l’Ukraine un soutien économique et militaire de long terme.
En parallèle, des divergences persistent entre les États membres sur l’utilisation des fonds : certains plaident pour que la totalité du prêt soit consacrée à l’achat d’armements européens, tandis que d’autres souhaitent laisser à Kyiv la liberté d’investir une partie dans des équipements américains ou dans le soutien budgétaire civil.
Ce sommet intervient dans un contexte diplomatique délicat pour Volodymyr Zelensky, après une rencontre tendue avec Donald Trump à la Maison-Blanche. Face à une Amérique jugée imprévisible, les dirigeants européens entendent réaffirmer que l’Ukraine reste au cœur de leur politique étrangère commune. Comme l’a résumé un diplomate européen, « il y a une volonté politique claire d’avancer — mais beaucoup de questions techniques restent à résoudre avant de transformer cette promesse en action concrète ».