L’agence fédérale américaine chargée de la protection des consommateurs financiers est menacée de disparition après les importantes coupes budgétaires décidées par l’administration du président Donald Trump, selon des responsables et des documents consultés par Reuters. Le Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB) pourrait se retrouver à court de fonds dès le début de l’année 2026.
Créé en 2010 à la suite de la crise financière mondiale, le CFPB a pour mission de protéger les consommateurs contre les abus des banques, des sociétés de crédit et des agences de notation financière. L’organisme est aujourd’hui au cœur d’un affrontement politique, ses défenseurs estimant qu’il joue un rôle essentiel, tandis que ses détracteurs jugent son action excessive et idéologiquement orientée.
Le cas de Bianca Jones, enseignante spécialisée de 33 ans vivant dans le Tennessee, illustre le rôle joué par l’agence. Lorsqu’elle a découvert que sa dette étudiante avait été comptabilisée deux fois sur son dossier de crédit, la rendant inéligible à un prêt immobilier, ses démarches auprès de l’agence de notation Experian sont restées sans effet. Ce n’est qu’après avoir saisi le CFPB que la situation a pu être examinée en justice et corrigée, selon ses avocats.
Les partisans du CFPB, dont la sénatrice Elizabeth Warren, à l’origine de sa création, estiment que l’organisme reste indispensable pour défendre les ménages face aux grandes institutions financières. Ils dénoncent des coupes qui affaibliraient la capacité de l’État à faire respecter les droits des consommateurs.
À l’inverse, les critiques de l’agence affirment qu’elle est devenue redondante, voire inconstitutionnelle, et qu’elle a été utilisée comme un instrument politique. L’administration Trump soutient que ses fonctions pourraient être reprises par d’autres institutions existantes, sans coûts supplémentaires pour le contribuable.
Des manifestations d’employés du CFPB ont eu lieu ces derniers mois à Washington pour dénoncer des licenciements massifs et alerter sur le risque de paralysie de l’agence. À mesure que les réductions budgétaires se concrétisent, l’avenir du principal régulateur américain de la protection financière des consommateurs apparaît de plus en plus incertain.