Le président de la Cour pénale internationale (CPI) a affirmé lundi que les sanctions américaines imposées à plusieurs hauts responsables de l’institution ne modifieraient en rien la manière dont les affaires sont traitées. Il a toutefois reconnu que ces mesures visaient clairement à exercer une pression politique et qu’elles perturbaient la vie personnelle des magistrats visés.
L’administration du président Donald Trump a sanctionné neuf responsables de la CPI, parmi lesquels des juges et des procureurs, en réaction aux enquêtes menées par la Cour sur des crimes de guerre présumés commis par Israël. Selon plusieurs sources, Washington envisagerait désormais d’étendre ces mesures punitives à l’ensemble de l’institution, ce qui constituerait un durcissement sans précédent.
Malgré ces menaces, le président du tribunal a assuré que la CPI ne céderait pas aux pressions extérieures et continuerait à mener ses investigations conformément à son mandat. Il a rappelé que la Cour est une organisation judiciaire indépendante, dont l’action ne peut être conditionnée par les considérations politiques d’un État membre ou non membre.
Alors que les tensions diplomatiques entre Washington et La Haye s’intensifient autour de ces enquêtes sensibles, des manifestants se sont rassemblés devant le siège de la CPI pour dénoncer les pressions américaines. Le tribunal, déjà confronté à de nombreuses critiques depuis sa création, voit ainsi son indépendance mise à l’épreuve dans un contexte géopolitique particulièrement tendu.