La Malaisie veut limiter à deux mandats le poste de Premier ministre et relancer les réformes institutionnelles (AP)
La Malaisie veut limiter à deux mandats le poste de Premier ministre et relancer les réformes institutionnelles (AP)

Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a annoncé lundi que son gouvernement entendait mettre en œuvre une série de réformes institutionnelles dès cette année et l’an prochain, dont l’instauration d’une limitation à deux mandats pour le poste de chef du gouvernement. Cette initiative intervient dans un contexte de pressions renouvelées pour renforcer la lutte contre la corruption et améliorer la gouvernance du pays.

S’exprimant devant des hauts fonctionnaires à Kuala Lumpur, Anwar Ibrahim a indiqué que son équipe déposerait au Parlement un projet de loi visant à plafonner le mandat des Premiers ministres à dix ans maximum. Cette mesure figurait parmi les engagements clés de la coalition au pouvoir lors des élections de 2022.

« Chacun a une durée de mandat limitée. Si l’on nous donne suffisamment de temps pour accomplir notre mission, il est préférable de passer le relais à la génération suivante », a déclaré le chef du gouvernement, soulignant la nécessité d’un renouvellement politique régulier.

Anwar a également annoncé le dépôt prochain d’un projet de loi destiné à séparer le rôle du procureur général en tant que principal conseiller juridique du gouvernement de celui de chef du parquet. Cette réforme vise à répondre aux critiques récurrentes sur le manque d’indépendance de la fonction, les procureurs généraux étant nommés par le Premier ministre, ce qui alimente les soupçons d’ingérence politique.

Le gouvernement prévoit par ailleurs d’introduire une loi sur l’ombudsman afin de renforcer la transparence dans le secteur public et de créer un mécanisme officiel permettant aux citoyens de déposer des plaintes liées à la gouvernance. Une loi sur la liberté d’information est également à l’étude, dans le but de prévenir les abus de pouvoir dans les projets gouvernementaux.

Arrivé au pouvoir en 2022 sur un programme axé sur la lutte contre la corruption, Anwar Ibrahim fait toutefois face à des critiques persistantes l’accusant de ne pas avoir tenu l’ensemble de ses promesses de réforme. Son engagement à assainir la vie publique reste étroitement scruté, alors que ces nouvelles annonces sont perçues comme un test de sa volonté politique à transformer durablement les institutions malaisiennes.

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