L’autorité américaine de l’aviation civile, la Federal Aviation Administration, a ouvert une enquête après la diffusion d’un enregistrement radio particulièrement inhabituel : deux pilotes y sont entendus en train d’imiter des miaulements et des aboiements sur une fréquence de contrôle aérien près de l’aéroport Ronald Reagan de Washington. L’incident, survenu le 12 avril dernier, a rapidement circulé en ligne et a conduit l’agence fédérale à vérifier l’authenticité de l’audio avant d’engager des vérifications plus approfondies.
Des bruits d’animaux sur une fréquence surveillée par l’ensemble du trafic aérien
Selon les premiers éléments rapportés par les médias américains, les sons entendus à la radio ne provenaient pas d’un incident à bord, mais bien de pilotes échangeant volontairement des bruits d’animaux. Dans l’extrait qui a circulé, un intervenant lance plusieurs « meow », avant qu’un autre ne réponde par des aboiements. Un troisième intervenant finit par rappeler les deux pilotes à l’ordre en leur demandant d’être « professionnels », sans que cela ne mette immédiatement fin à la scène.
L’échange aurait eu lieu sur la fréquence dite “guard”, une fréquence radio d’urgence connue dans l’aviation civile et surveillée par les pilotes comme par les contrôleurs aériens. Son usage est normalement réservé aux situations sérieuses, notamment lorsqu’un avion rencontre une difficulté technique ou lorsqu’un équipage doit lancer un appel urgent. Pour de nombreux professionnels du secteur, le fait d’y diffuser des plaisanteries, même brèves, pose un problème évident de discipline radio.
Ce que dit la FAA sur les conversations non essentielles
Dans sa réaction, la Federal Aviation Administration a rappelé que ses règles interdisent aux pilotes de se livrer à des « conversations non essentielles » lorsqu’ils évoluent en dessous de 10 000 pieds d’altitude. L’agence précise que les échanges radio doivent rester liés à l’exploitation sûre de l’appareil et qu’elle examine toute situation susceptible de constituer une violation réglementaire. Autrement dit, même si l’incident peut sembler anecdotique au premier abord, le régulateur le traite comme une possible entorse aux règles de sécurité et de conduite professionnelle.
À ce stade, les autorités n’ont pas identifié publiquement les compagnies concernées ni les vols impliqués. Les médias locaux indiquent qu’il reste encore à déterminer avec certitude quels équipages étaient à l’origine des transmissions. La FAA a aussi souligné que l’enregistrement provenait initialement d’une source tierce, ce qui explique la nécessité d’une phase de vérification avant toute conclusion formelle.
De son côté, le pilote syndicaliste Dennis Tajer a insisté sur le fait que cette fréquence a une fonction sérieuse et qu’elle ne devrait pas être polluée par des traits d’humour ou des imitations. Son message est clair : ce type de comportement doit cesser afin de préserver une fréquence considérée comme essentielle à la sécurité.
Pourquoi cette séquence embarrasse l’aviation américaine
Même si aucun incident de vol n’a été signalé en lien avec cet échange, la viralité de la séquence embarrasse le secteur aérien américain. Elle renvoie l’image d’un relâchement sur un canal censé rester disponible pour les urgences. Dans une période où la sécurité aérienne fait déjà l’objet d’une attention soutenue du public et des régulateurs, ce type d’épisode attire inévitablement l’attention, d’autant plus qu’il s’est produit près d’un aéroport très sensible comme Ronald Reagan Washington National Airport.
L’enquête devra désormais établir plusieurs points : l’authenticité définitive de l’enregistrement, l’identité des pilotes concernés, le contexte exact dans lequel les bruits ont été émis et, surtout, si ces transmissions constituent une violation sanctionnable des règles fédérales. Tant que cette vérification n’est pas terminée, aucune mesure disciplinaire officielle n’a été annoncée publiquement.
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