La France compte désormais six millions d’étrangers, soit 8,8 % de sa population totale, selon une étude publiée mardi par l’Insee. Cette proportion, en légère hausse depuis dix ans, reste néanmoins inférieure à la moyenne européenne, établie à 9,6 %.
Une part inférieure à celle de la plupart des pays voisins
Sur ces six millions de personnes, 5,1 millions sont nées à l’étranger et environ 900 000, pour la plupart mineures, sont nées en France. La France se situe donc en dessous de plusieurs de ses voisins européens : l’Italie compte 8,9 % d’étrangers, l’Espagne 13,4 %, la Belgique 13,8 % et l’Allemagne 14,5 %. L’Hexagone accueille également une proportion moindre d’étrangers non européens (2,3 % de sa population) que l’Allemagne (5,3 %) ou la Belgique (8,4 %).
Les Africains désormais majoritaires parmi les étrangers
En un demi-siècle, la composition de la population étrangère en France s’est profondément transformée. En 1968, près des trois quarts des étrangers étaient originaires d’un pays européen, contre un quart seulement d’Afrique. En 2024, la tendance s’est inversée : 46 % des étrangers installés en France possèdent aujourd’hui la nationalité d’un pays africain, contre 35 % issus d’un pays européen et 13 % d’un pays asiatique. L’Insee souligne également que 7,7 millions d’immigrés, c’est-à-dire des personnes nées étrangères à l’étranger, résident actuellement en France. Parmi eux, 2,6 millions ont acquis la nationalité française. Les naturalisations restent plus fréquentes chez les personnes originaires d’Afrique (37 %) et d’Asie (35 %) que chez celles venues d’Europe, dont le nombre d’acquisitions de la nationalité française diminue régulièrement depuis la fin des années 2000. Ces chiffres confirment l’évolution progressive du visage migratoire français, marqué par une diversification des origines et une relative stabilité du poids démographique des étrangers dans la population totale.