Portugal : un vaste réseau de délivrance de faux permis de séjour démantelé, 13 arrestations Portugal : un vaste réseau de délivrance de faux permis de séjour démantelé, 13 arrestations
Portugal : un vaste réseau de délivrance de faux permis de séjour démantelé, 13 arrestations

La police judiciaire portugaise a annoncé jeudi l’arrestation de 13 personnes accusées d’avoir participé à un réseau criminel ayant permis à plus de 10 000 étrangers d’obtenir illégalement des permis de séjour et des documents d’immigration, facilitant leur installation au Portugal et leur circulation dans l’Union européenne.

Selon les autorités, les bénéficiaires de ce système corrompu ont versé en moyenne 15 000 euros chacun en pots-de-vin. Parmi les personnes interpellées figurent un employé du ministère des Affaires étrangères, un avocat, ainsi que plusieurs entrepreneurs. Tous sont soupçonnés d’avoir organisé un système de falsification de contrats de travail, qui servaient de base pour justifier la régularisation de nombreux ressortissants étrangers.

Grâce à ces faux documents, les migrants ont pu non seulement obtenir un titre de séjour, mais aussi ouvrir des comptes bancaires et accéder au système de sécurité sociale portugais. De nombreux bénéficiaires auraient ensuite quitté le pays pour s’installer dans d’autres États membres de l’UE, exploitant ainsi la liberté de circulation offerte par leur nouveau statut légal.

Cette affaire éclate alors que le gouvernement portugais, dirigé par le Premier ministre de centre-droit Luis Montenegro, a récemment renforcé sa politique migratoire. Le week-end dernier, les autorités ont promis l’expulsion de 18 000 migrants en situation irrégulière dans les mois à venir. Il n’a toutefois pas été précisé si les bénéficiaires de ce réseau de corruption faisaient partie de cette cible.

Le Portugal reste l’un des pays européens les plus ouverts à l’immigration, en particulier en provenance du Brésil et des pays africains lusophones, et les experts soulignent régulièrement que cette dynamique contribue à la croissance économique. Toutefois, dans un climat politique marqué par la montée de discours hostiles à l’immigration, cette affaire pourrait peser dans la campagne des élections anticipées prévues le 18 mai.

Le parti d’extrême droite Chega, bien qu’en baisse dans les sondages après une percée lors du scrutin de l’an dernier, continue de jouer sur la corde sensible de l’immigration. De son côté, l’Alliance démocratique, coalition de centre-droit au pouvoir, semble en bonne position pour l’emporter, notamment grâce à son discours plus ferme sur les questions migratoires.

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